+ noël

Bienvenue sur mon blog.
Il n'est jamais trop tard pour s'y mettre ! N'ayant jamais pratiqué de sport, je suis venu à la course à pied par hasard l'année de mes 40 ans. Comment on devient sportif sur le tard ? Lire ici.
Ce blog est destiné à vous faire découvrir, petit à petit, mon parcours de "sportif", depuis août 2008 et mon plus gros défi à l'époque : UTMB (CCC), 98 km autour du Mont Blanc. Ce qui m'a donné l'envie de partager mes impressions.
2010 = 10 années de courses à pied. Découvrez la rétrospective dans le détail ici.

N'hésitez pas à me rendre visite régulièrement et me laisser vos commentaires. Merci.
Bernard. (Bernard RONGVAUX, Virton, Belgique)

" Un pessimiste voit des difficultés dans chaque opportunité. Un optimiste voit des opportunités dans chaque difficulté "
"On ne s'arrête pas de courir parce qu'on vieillit, on vieillit parce qu'on arrête de courir"
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jeudi 18 juillet 2013

• Trail de Verbier St-Bernard


http://www.trailvsb.com



Samedi 06 juillet 2013
61 km - 4000m D+





A l'aube de notre premier gros défi de l'année, de gros doutes subsistent. Début de semaine, je me croque le dos en faisant des travaux à la maison, et pour Céline c'est une infection urinaire qui la perturbe sérieusement. De plus, côté météo, si les bulletins en provenance de la Suisse se veulent "rassurants", nous ne savons pas exactement ce qu'il restera comme neige. Car neige il y aura, c'est certain ! Ce qui n'est pas pour rassurer Céline qui va aborder sa première course de montagne, voire première montagne tout court, aucune expérience en ce domaine. Et même si je tente de minimiser un tant soit peu la difficulté, je sais pertinemment bien que cela reste un gros défi à surmonter, autant pour elle que pour moi.

"Ca passe au Col Fenêtre et col des Chevaux! Le parcours officiel ne sera pas modifié en raison de la neige.", annonce la page Facebook de la course, quelques jours plus tôt. Bon, on peut compter sur le profil et les temps de passage. La météo s'annonce excellente (en tous cas pour ceux qui supportent bien la chaleur), sans aucune menace de pluie ou d'orage (c'est déjà ça !!).
Trajet effectué juste la veille (pas l'idéal non plus, toujours un peu de stress). Nous avons choisi de loger tout près du départ, à La Fouly, histoire de profiter un maximum de temps de repos et éviter le stress des navettes au petit matin. Retrait des dossards à Verbier, histoire de s'imprégner de l'ambiance de ...l'arrivée, qui aura lieu ici. Contrôle complet du sac (ça ne rigole pas), dans la bonne humeur, les Suisses sont très accueillants !!




Direction le camping des Glaciers (ça ne s'invente pas...) pour un petit repas frugal et nous installer pour la nuit. Coucher de soleil, nuit calme.



Lever avec le soleil (c'est pas beau ça ??), petit-déj relax, vérification du matos, poches à eau, et direction ligne de départ à peine 30min avant le coup fatidique.


No stress...mais grosse émotion pour Céline une fois dans le box de départ, face à cette montagne qu'il va falloir dompter !!




10h00: 487 braves s'élancent doucement (en tous cas vu de l'arrière ;-)) pour franchir la barre des 61km et environ 4000m de dénivelé cumulé dans le délai des 21h donné.


Dès les premières centaines de mètres, nous sommes...derniers. Mais Céline ne s'en laisse pas compter, c'est elle qui donne son rythme, je serai là pour corriger si nécessaire, pour terminer ensemble dans les délais, c'est notre objectif. Elle adopte une petite allure trottinante qui nous fait remonter une trentaine de coureurs en 3 ou 4 km, sur la petite route en faux-plat montant.

La voilà rassurée, maintenant, il faut se calmer, le chemin est encore (très) long ! Et on attaque la montée du premier col par les petits sentiers. Le paysage est magnifique !!! On traverse le premier névé (si, si c'est de la neige...), et le peloton s'étire en lacets, au loin devant nous. La pente se durcit et les passages deviennent plus techniques.





Ah oui, au fait, côté dénivelé, sur les 9 premiers km, nous devons prendre 1100m de D+ et franchir le col de la Fenêtre à 2689m.
Arrivés à 2400m d'altitude, au détour d'un virage...c'est tout blanc devant nous !! Céline me retourne un regard inquiet...Un passage relativement délicat nous attend, en file indienne, pas le droit à l'erreur sinon c'est plusieurs centaines de mètres en contre-bas le temps de le dire...Brrrr, pas trop rassurée...



S'ensuit quelques beaux rochers, puis une longue, longue montée plus douce, mais...entièrement enneigée !! Et là, si certains (mieux informés que nous...ou connaissant le coin) ont eu la présence d'esprit d'emporter des crampons, avec nos simples "trails", nous manquons de grip et c'est patinage à qui mieux mieux.



Eh oui, tous ces petits points noirs, ce sont les coureurs !!

Céline peste, car les semelles n'accrochent pas et il est dangereux de planter trop fort les bâtons qui s'enfoncent ! Petite relance, passage au bord d'un lac encore en grande partie gelé, et ça monte de plus belle.

Et quand on croit y être, et bien ...ça continue. Heureusement que la météo est au beau fixe, sinon, ce serait une réelle galère. Et enfin, le col est franchi à 2695m, après 02h09 de course (enfin...de marche!).


Et surprise l'autre côté, à l'attaque de la descente vers le Grand St-Bernard : pas de chemins, ce n'est que de la neige, avec une petite corde...Et on fait quoi? A notre droite, des skieurs (eh oui...) nous narguent !!
Ben oui, ce sont des skieurs !!

On fait donc comme la plupart, on essaie debout, puis finalement on pose nos fesses au sol et on se laisse glisser !! Mais c'est raide et rapide, on ne sait quoi faire de nos bâtons et il faut freiner, mais on ne sait pas comment......! Là, Céline n'apprécie pas du tout, on a les fesses et les mains gelées.

Et zou, ça rigole.....jaune ;-))

Il faut se relever dare-dare et continuer debout en pataugeant de droite et de gauche. Pfffff, c'est encore plus fatiguant que de courir...
Encore quelques beaux passages dans la neige qui diminue, on s'est pris 300m en D-, et on s'approche du premier ravitaillement au Grand St-Bernard (c'est mon copain :-)). 13 km et 2h58'. Notre moyenne est bonne (estimée à 3,5 km/h pour passer un peu à l'aise les barrières horaires), nous sommes à 4,3 km/h.
Derrière nous, "ma" statue de Saint-Bernard :-)





Ravito rapide, et ça repart de plus belle vers le col des Chevaux (2714m).
La montée se passe plus en pierrier avec beaucoup moins de neige, mis à part quelques beaux névés. C'est technique et lent, mais Céline s'y sent plus à l'aise...


Nous franchissons le col après 03h40 de course. Notre moyenne a chuté juste en-dessous des 4km/h, mais cela reste bon. Nous allons nous rattraper dans la descente....
"Descente dangereuse" est-ce sérieusement signalé. Brrrrr, nous craignons le pire...

D'abord sur une petite trace en balcon et en lacet, pas large, plutôt agréable, mais impossible d'y faire les fous. Céline est un peu crispée et assure le coup. 
Plus bas, c'est l'horreur : plus de traces, mais une piste noire de ski !! "Ah non, là, j'en ai marre" s'exclame ma traileuse non-skieuse !! Et moi-même suis très surpris : je n'ai jamais vécu telle situation ! Et si les amateurs de ski et de sport de neige s'en donnent à coeur joie sur les fesses, c'est avec une grande angoisse que nous leur emboîtons le pas, ou plutôt la trace, façon bobsleigh !! Pas habitués à ça, nous .....
C'est plus raide que le premier passage et donc...plus rapide. Je panique un peu, manque de lâcher les bâtons, ne sait comment freiner, des talons, des coudes, des mains...je frôle des rochers saillants et je reviens trop vite sur Céline. OUF, finalement ça s'arrête dans une neige un peu plus molle juste au pied des premiers rochers. Je me relève très vite ne sachant ce qui arrive derrière. Mes jambes en tremblent, j'ai le coude gauche en sang, les mains gelées..Dans ma descente , j'ai aperçu un coureur tétanisé de peur, un autre se tenant le genou blessé...C'était un peu limite dangereux et aucun poste de secours à proximité. Nous reprenons nos esprits quelques instants.
piste noire...c'est raide !

Voilà la fameuse traversée de torrent annoncée, et c'est avec les pieds bien mouillés que nous abordons la longue descente technique sur laquelle nous pouvons -ENFIN- courir à petites foulée, direction Bourg-St-Pierre. Et les traversées de petits torrents seront nombreuses, à peine le temps de sécher les baskets.

Nous allons perdre 1080m d'altitude en l'espace de 12 km. Aux abords du lac des Toules et son barrage, nous pouvons nous dégourdir et nous en donner à coeur joie à grandes enjambées. Là on se régale et doublons plusieurs coureurs.


Juste encore une petite bosse et c'est le plaisir jusqu'à Bourg-S-P, deuxième ravitaillement après un peu plus de 2h de descente.
Km 26, 6h de course. Ravito complet et chaud, on s'accorde une petite demi-heure max, le temps de bien s'alimenter et récupérer un peu. Notre moyenne a bien remonté (4,3 km/h). Il est 15h54 lorsque nous repartons et la barrière horaire est à ...19h ! 3 bonnes heures d'avance, Céline est rassurée mais espère bien que nous ne verrons plus la neige !! Je n'ose plus me prononcer.....




Montée vers le col de Mille, nous allons à nouveau prendre 920m D+ en 11 km. Le soleil est à son max, il doit faire au moins 30°C et la montée est régulière, mais raide. Là, j'accuse un peu le coup, pas tellement la fatigue, mais des débuts de crampes, les cuisses bien dures. Je pense que j'ai mal encaissé les descentes "sur le cul"...Céline, qui d'habitude ne supporte pas les grosses chaleurs, semble en meilleure forme et me distance petit à petit. Je ne force pas, je préfère cette situation que l'inverse, c'est plutôt bon pour son premier défi!! Les premiers concurrents de la Boucle (110km) nous rattrapent...Le chemin, d'abord large pour une voiture, puis en petit sentier me semble interminable. Je profite des paysages somptueux pour me changer les idées, réalise quelques "cartes postales" et essaie de gérer au mieux.
C'est joli, n'est-ce-pas ?


Bouhh, c'est interminable...!

Cela fait plus de 2h que nous grimpons et à chaque virage ça continue. Le col de Mille est à 2460m et mon GPS m'indique 2555 et toujours rien en vue!! Je n'y comprends rien, jusqu'à ce qu'un trailer régional m'indique qu'en fait il faut monter plus haut pour redescendre vers la cabane de Mille. Ouf, me voilà rassuré, je ne l'ai pas loupée :-)
Quoi ?? 01h35...je défaille...;-((




Après plusieurs pierriers et névés, le ravito est enfin en vue. Mes jambes reviennent et je trottine sur le beau petit chemin en balcon. En arrivant, je croise Céline qui est en partance. Elle a bien géré sa montée, m'a pris 10min et se sent bien. Je la laisse prendre les devants, cela la motive d'autant plus.


Je ne traîne pas et attaque la très belle descente, d'abord en crête, puis en sentiers très techniques. Mes cuisses vont mieux et je me régale tout en restant un peu sur la réserve.


Prochain objectif: Lourtier, 1380 m de D- sur 11 km. Certaines portions vont êtres relativement abruptes. C'est précisément à ce passage que je rattrape ma traileuse qui a bien du mal en descente, trop peur de se blesser. Je la rassure, notre moyenne est bonne et nul besoin de trop se presser, mieux vaut assurer. Elle peste un peu sur des passages racines-pierres-pente raide très nombreux.
"Mais c'est ça, la montagne, il faut s'y faire" lui lançai-je en montagnard averti (hm, hm...)
A l'approche de Lourtier, nous abordons une "autoroute", un chemin bien large et roulant. On apprécie de pouvoir à nouveau se délier un peu les guiboles...


4e ravitaillement, 48 km et 10h36 de course ! La barrière horaire est fixée à 01h du mat, et il est ... 20h34 !! Très bien pour notre moyenne. Sauf incident, nous devrions mettre aux environs de 15h30 - 16h de course.



Un petit coup d'oeil sur le profil : le dernier col est moins haut, il culmine "seulement" à 2260m. Mais....on démarre de plus bas, à 1070m. Il va donc nous falloir nous affranchir de quasi 1200m de dénivelé positif sur seulement 5,6 km. Ca va être raide...On ne traîne pas. Le soleil est sur le déclin et on voudrait être bien avancés avant la nuit. Mais c'est sans compter sur un gros coup de mou de...Céline, cette fois !! Effectivement la pente est raide, et ses jambes rechignent un peu.

Je lui rappelle que vu ses petits soucis de santé, sa non-connaissance de la montagne et le manque d'entraînement pour de telles conditions, c'est déjà une très belle performance d'avoir tenu jusqu'ici, avec une belle avance sur la barrière horaire. Elle s'énerve, tape des bâtons au sol de rage, car on se refait dépasser ... Le soir tombe, nous nous équipons des frontales, puis d'une couche supplémentaire pour ne pas trop nous refroidir. On monte lentement en effectuant des courtes pauses régulièrement. C'est très calme dans le noir, avec juste quelques points lumineux devant nous et en hauteur. Je fais quelques pointages de l'altitude, mais ça ne monte pas vite ...On traverse un petit chemin..
"Ca s'adoucit sur le dernier tiers" nous a dit plus tôt un concurrent... Que nenni !! On attaque une crête et les autres frontales sont bien au-dessus de nous. Là-haut, depuis un bon moment on aperçoit les lumières du col de La Chaux, notre ultime point culminant. Mais la montée continue encore sur de nombreux lacets pour finalement atteindre notre but ! "OUF, soupire Céline, il était temps !!"
Nous suivons les loupiotes...



Cette montée nous a pris 03h08 (à du 21 % de moyenne)! 54e km. On mérite bien une petite pause. Mais pas trop longue car on se refroidit vite et le parasol chauffant est le bienvenu. Plus que 7 km et 760 m de dénivelé négatif, c'est quasi bouclé !!
Mais la descente est raide à nouveau. "Pfffff, ça n'en finira jamais" soupire-t-elle. De mon côté, j'ai bien récupéré et conseille Céline pour gérer au mieux sa descente, très technique en général et de nuit, ce n'est pas évident du tout !
Je suis à l'écoute de l'ambiance de la ligne d'arrivée que l'on sait assez proche, mais aucun bruit ne nous parvient...Bizarre...Un dernier petit chemin nous fait déboucher sur la route à l'entrée de Verbier, et là...plus de fléchage !! On devine qu'on doit aller vers le bas du village...puis quelques points verts sur la route (eh oui, ça fait partie du balisage...) Le village est au noir et semble complètement endormi...Quelques banderoles, les barrières, quelques lumières et ....là, à gauche, l'arche !
Nous sommes arrivés...dans une quasi indifférence générale, à 01h39. Soit 15h39 de course, avec 62 km pointé au Garmin, et plus de 4000 m de D+ ! La limite finale était fixée à 07h. Une belle avance pour quelqu'un qui découvre un parcours montagneux qui ne fut pas des plus faciles.
Aucun bruit ne pouvait nous parvenir, car..il n'y a aucun animateur ni musique ni spectateur à l'arrivée (la nuit en tout cas)!! Juste le photographe qui immortalise notre finale,

et les préposés à la remise du t-shirt FINISHER, et le petit chapiteau pour les pâtes. Renseignements pris, il apparaît qu'en Suisse, il est interdit de faire du bruit après 23h, et cela sans dérogation aucune. Et c'est bien dommage...J'aurais voulu offrir une finale plus festive à ma Céline qui a bravé toutes ces difficultés pour vaincre sa première montagne !!

Finalement, nos petits soucis de santé d'avant course ne nous ont pas trop perturbés. Céline a bien géré et mon dos s'est laissé oublier sans se manifester. Et c'est tant mieux ainsi !!
Quelques pâtes, une bière (ben oui....), récupération du sac coureur, et passage par les douches en attendant notre bus pour La Fouly à ... 04h du mat seulement. Ce qui nous fait nous coucher vers 05h...quand le soleil se lève ;-))

Après coup, Céline me confie que la montagne ce n'est pas trop son truc, et qu'elle pense ne pas rééditer pareille aventure sur laquelle on ne peut que très peu courir (en fait, on a véritablement couru environ 5km sur les 62). Alors que côté fatigue c'est raisonnable, mais les cuisses ont pas mal encaissé. Donc, elle sera forfait à l'UT4M à Grenoble prévue fin août. Je le regrette un peu, mais tout le monde ne "doit" pas forcément apprécier les courses en montagne...

Mais le moral ne tombe pas dans les chaussettes et le lendemain, petite marche de décrassage, resto et...Orval promis !!



Bien mérité, celui-là ;-))


Et pas le temps de profiter plus, retour en Belgique dès le lundi car le boulot n'attend pas.

Résultat : 15:38:26 - 330e/384 classés - 487 partants


P.S. : fin de semaine, après réflexion et récupération, Céline me demande d'étudier le profil de l'UT4M et de penser au logement...
"Ce serait dommage d'avoir des regrets de ne pas avoir au moins essayé", me confie-t-elle ! . J'apprécie son enthousiasme !!
A suivre donc fin août !! (UT4M : 90km et 4700m D+, semble moins pénible...)






De belles images plein la tête !!



3 commentaires:

Damien a dit…

Encore un super récit de course avec des images magnifiques. C'est un vrai régal ! Bravo à tous les deux. Ca me donne très envie d'essayer ce trail l'an prochain.
Damien

Claire SHARP a dit…

Félicitations a vous deux. Bravo J'ai vécu cette course a travers ton récit. Merci de le partager avec nous.

Florentin GOORIS a dit…

Excellent ce récit! On ressent la difficulté de cette épreuve . Bravo à vous deux!