+ noël

Bienvenue sur mon blog.
Il n'est jamais trop tard pour s'y mettre ! N'ayant jamais pratiqué de sport, je suis venu à la course à pied par hasard l'année de mes 40 ans. Comment on devient sportif sur le tard ? Lire ici.
Ce blog est destiné à vous faire découvrir, petit à petit, mon parcours de "sportif", depuis août 2008 et mon plus gros défi à l'époque : UTMB (CCC), 98 km autour du Mont Blanc. Ce qui m'a donné l'envie de partager mes impressions.
2010 = 10 années de courses à pied. Découvrez la rétrospective dans le détail ici.

N'hésitez pas à me rendre visite régulièrement et me laisser vos commentaires. Merci.
Bernard. (Bernard RONGVAUX, Virton, Belgique)

" Un pessimiste voit des difficultés dans chaque opportunité. Un optimiste voit des opportunités dans chaque difficulté "
"On ne s'arrête pas de courir parce qu'on vieillit, on vieillit parce qu'on arrête de courir"
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vendredi 12 août 2011

• Ultra Trail du Mont Blanc


http://www.ultratrailmb.com
26, 27 et 28 août
166 km - 9500 m D+, temps max 46:00h non-stop


Après ma "mise à l'écart" lors du tirage au sort de 2010, je conservais la priorité d'inscription pour cette année. Je ne vais pas louper cette occasion! Cette fois, j'espère que ce sera la bonne. Je serai enfin au départ de cette course mythique. L'épreuve phare de cette saison. En espérant que la météo sera plus clémente qu'en 2010...!
Départ de la course vendredi 26 août à 18h30

Un profil impressionnant !

Le parcours: de Chamonix à Chamonix, via la Suisse et l'Italie.




Il était incontournable que, pour moi, la météo serait déterminante. Après 2 CCC et 4 reconnaissances toujours effectuées sous le soleil, je n'ai aucune connaissance de la montagne sous de mauvaises conditions météo. Le déluge de l'an dernier n'aura pas servi de leçon, puisque le départ de la TDS n'a pas eu lieu !

Arrivé jeudi soir, sous un soleil de plomb (30°C encore à 17h), j'apprends que la TDS a déjà fait pas mal de dégâts, et dans le rang de nos représentants, c'est un peu l'hécatombe.
Retrait des dossards, petite restauration-maison sympa au camping, et nuit réparatrice du voyage.
Vendredi 26 août, c'est le grand jour, le départ a lieu ce soir. Pas de stress, le matériel est prêt, le mental aussi, tout roule, il fait grand beau temps. En matinée, une rumeur circule: de violents orages nous viennent des Pyrénnées et notre départ serait reporté de 5h !! Ca commence bien...Déjà, la veille, la TDS a subi une modification de parcours pour éviter un passage difficile qui aurait pu se faire sous les orages...Mais le temps est resté sec. En compagnie de Fred, j'accueille les rescapés de la TDS, c'est-à-dire Laure, seule, puisque nos 3 gaumais ont abandonnés...
La confirmation officielle ne viendra qu'à...17h, par SMS !! "Départ retardé à 23h30, parcours inchangé, sauf Vallorcine-Chamonix par le fond de vallée", précédé (..!) d'une heure par les nouvelles barrières horaires. Et zou, du coup mon superbe profil plastifié tombe...à l'eau!! La CCC, partie ce matin de Courmayeur, a déjà subi un raccourcissement de parcours de 3h dès le début, pour passer les cols avant les orages; ainsi qu'un parcours tronqué sur la fin, évitant 3 cols, avec une descente vers Martigny et un retour également par le fond de vallée. C'est pour dire...
Bon, le moral en prend déjà un petit coup...Je modifie mon équipement pour le départ en conséquence.
Ce n'est qu'en début de soirée que le ciel s'obscurcit rapidement et que les averses se mettent à tomber. D'abord normales, puis plus conséquentes. Je reste cantonné dans ma voiture à attendre patiemment que les heures tournent...

20h30. Il est temps de s'équiper et se rendre sur la place de l'église, lieu de notre départ, mythique. Il pleut toujours, mais moins violemment qu'annoncé. La température est relativement douce. 23h30 pile : à Dieu va, c'est parti !! ...sous la pluie et un ballet de multiples frontales. Les premiers km se déroulent bien, jusqu'aux Houches, que nous atteignons rapidement. J'ai pris un départ prudent, comme prévu. Première montée vers Le Délevret, ça patine pas mal...Plus loin, je prends plaisir à doubler, sur un terrain détrempé. J'aborde alors la longue descente vers St-Gervais, la piste de ski, sur laquelle il ne nous manque vraiment que ...les skis, tellement c'est glissant sur l'herbe boueuse! N'empêche, c'est sur ce genre de portion que j'avais programmé de gagner du temps et me régaler. Ce que je réalise sur les premières centaines de mètres ...avant de me retrouver par terre en glissade sur le dos. Patatras, le sac en prend un coup, une couture de la ceinture ventrale n'a pas résisté. Je bidouille rapidement une réparation de fortune. La suite de la longue descente se fera sur la réserve, j'ai perdu de mon assurance. Zut et re-zut !! Ce n'est qu'à l'entrée de St-Gervais sur terrain dur que je pourrai à nouveau me défouler jusqu'au ravitaillement. Je dispose alors d'1h d'avance sur la barrière horaire; 21e km, 02h55' de course. (En fait, j'ai regagné 96 places...660e)
Je ne traîne pas et m'élance vers Les Contamines, complètement trempé. Mais au bout de quelques foulées, mes jambes sont lourdes et mes cuisses déjà bien échauffées. Cette première descente a déjà fait mal...Pas du tout comme je l'avais imaginé!! Bon, je prends mon mal en patience et me dis que le jus va revenir, mais il faut me rendre à l'évidence, je me traîne lamentablement, me forçant à avancer, par endroits, en poussant sur mes bâtons. En fait, j'avance plus avec mes bras que mes jambes...
J'ai l'impression de mettre une plombe pour réaliser ces 10km (en fait: 01h35' et 150 places de perdues ! 810e). Là, j'en profite pour bien me ravitailler, passer des vêtemnts secs et une veste plus chaude, car le temps s'est bien refroidi, ce que la direction de course conseille vivement d'ailleurs ! (En fait, 1/4 des abandons se feront déjà ici...)
Etat des lieux : la nuit s'annonce froide, je n'ai plus de jus, je n'avance pas, j'ai une douleur au bas du tibia gauche....Cela va être difficile de boucler dans ces conditions...Le moral en prend de nouveau un coup. J'espère arriver au moins à Courmayeur (78e km et le sac d'appoint).
Je pars donc à l'assault de la première grosse difficulté : le col du Bonhomme (alt 2330m). La montée vers La Balme est lente, je ne cours plus du tout...comme la plupart des nombreux concurrents derrière moi, au vu de l'interminable serpent lumineux qui me poursuit. Certains font même demi-tour pour rejoindre ND de la Gorge et abandonner. J'arrive à La Balme à 06h37 du matin en 1492e position. Pas brillant...Un grand feu de bois permet de se réchauffer quelque peu; le jour se lève. Je scrute le ciel qui est relativement dégagé et pas de gros nuages à l'horizon. La pluie a cessé depuis Les Contamines. A l'attaque du col, les bénévoles préviennent que la neige est annoncée au sommet. Cela me semble un peu fort, car un léger rayon de soleil apparaît...Mais plus on monte, plus le ciel se voile à nouveau et dès 2140m à mon altimètre, les premières traces de neige apparaissent. La température a nettement chuté et j'ai les doigts gelés, malgré mes gants d'hiver (bon, il faut dire aussi que je suis particulièrement frileux et très sensibles des mains...pas facile !!). Le passage au sommet se fait dans un duvet de neige, qui ira en s'épaississant, vu que la situation ne fait qu'empirer. J'avance vraiment au ralenti, tentant par tous les moyens de me réchauffer les mains. Le parcours vers la Croix du Bonhomme (2450m) est vraiment difficile et glissant. De surcroit, concentré sur mes mains qui peuvent à peine tenir mes bâtons, j'en oublie de m'alimenter et vers 08h du matin, une grosse fringale me rappelle à l'ordre. Il me faut m'assoir et m'alimenter si je veux continuer. J'envisage alors d'arrêter au prochain ravitaillement, soit aux Chapieux (50e km...). Passé le refuge de la Croix du Bonhomme (à 08h41), la descente vers Les Chapieux, où j'espérais également me régaler, est rendue très gissante, voire dangereuse sur certaines portions avec les rochers de schiste affleurants et coupants. Pour en rajouter une couche, je fait une nouvelle chute et me froisse un muscle de l'épaule, là précisément où la sangle du sac repose, ce qui me perturbe totalement et me condamne à faire toute la descente en marchant prudemment, chaque foulée bondissante me fait ressentir une énorme gêne.
Finalement, ma décision est prise: j'arrêterai les frais là-bas, en bas. Rien ne tourne comme je l'avais imaginé, je ne tiendrai pas à ce rythme jusque Courmayeur, ce serait interminable; l'envie n'y est plus, le mental me lâche...!
Il faut savoir raison garder, quand ça ne va pas, ça ne va pas. Inutile d'insister !


Résultat : abandon au km 50, après 10h18' de course - 1899e

Info UTMB : "On dénombre plus de 50% d'abandons. On peut donc qualifier cette édition de particulièrement difficile, notamment quand on voit que près d'un quart de ces arrêts ont lieu avant les Chapieux (km 50). Courmayeur (km 77) et Champex (km 123) ont été des champs de bataille impressionnants."






En comparaison, quelques photos de notre reconnaissance fin juillet...
100 km en 3 jours :
- TRIENT –col de Catogne- VALLORCINE –Tête aux Vents– CHAMONIX
- Les Houches – Délevret-Contamines-Col Bonhomme- Les Chapieux
- Les Chapieux – Col Seigne-Arête MtFavre- Courmayeur
De Trient vers Catogne

Vers Vallorcine

Col La Tête aux Vents

Col de Volza

Col du Bonhomme

Vers refuge de la Croix du Bonhomme (2500m)

vers Les Chapieux

Col de la Seigne

Lac Combal

Arête du Mont Favre

vers Col Chécrouit

7 commentaires:

Laure a dit…

Bravo pour avoir affronter les éléments et pour ce beau récit!
J'ai beaucoup aimé "mon superbe profil plastifié tombe...à l'eau!!"
Hihi et moi qui pendant toute ma course me disait "ah Bernard, il fait ça, c'est quand même bien..." Le pire c'est qu'une fois plastifié, tu ne peu pas réécrire dessus!

Claire et Denis a dit…

Salut Bernard,

Dommage pour toi, mais j'espère que ce n'est que partie remise pour 2012, sous le soleil cette fois !! Nous avons eu les mêmes conditions météo dans les Pyrénées, pas toujours évident passer au travers, mais avec le temps, on acquiert de + en + d'expériences. Après un peu de repos, je te souhaite une bonne reprise sur ton prochain trail. La magie de l'ultra, c'est que malgré tout ce qui peut se passer (abandon ou réussite), on en ressort toujours plus fort mentalement, et on en veut toujours plus. Garde confiance, et à bientôt sur une prochaine épreuve.

Bernard a dit…

Merci à vous !!
Laure : au moins le profil pourra re-servir, il était protégé :-))

Denis : tu as plus d'expérience que moi des courses sous mauvaises conditions météo :-))
Et effectivement, j'ai appris des choses qui me serviront plus tard !
Au plaisir sur un prochain parcours ...

Fred BERNARD a dit…

on fera mieux une prochaine fois ...

prochains trails : torgny, ultra tour de Liège et Uewersauer

a+

Fred

Gilles MILIEZ a dit…

salut bernard,
en tout cas, bravo pour ton courage,
à bientôt sur le tard !
respect ,
Gilles

Fabrizio LUPO a dit…

Bonjour Bernard,

En effet super récit. Je lis de temps en temps ton blog avec beaucoup d'intérêts.
Nous avons courru à Torgny ensemble pendant une dizaine de kilomètres http://europarunners.blogspot.com/2011/09/belgique-les-foulees-torgny-cotantes-27.html si tu veux des photos de meilleures ici d'autres photos https://plus.google.com/photos#photos/106379009913031143574/albums/5657420961319381585
A un prochain trail
Fabrizio
fabrizio.lupo at gmail.com

Bernard a dit…

Oui Fabrizio, super passage à Torgny, ça roulait bien !! Mais j'ai cruellement manqué d'eau et attrappé des crampes, j'ai du ralentir. C'est bête, j'étais alors 10e !!
Merci pour les photos et au plaisir lors d'un prochain parcours.