+ noël

Bienvenue sur mon blog.
Il n'est jamais trop tard pour s'y mettre ! N'ayant jamais pratiqué de sport, je suis venu à la course à pied par hasard l'année de mes 40 ans. Comment on devient sportif sur le tard ? Lire ici.
Ce blog est destiné à vous faire découvrir, petit à petit, mon parcours de "sportif", depuis août 2008 et mon plus gros défi à l'époque : UTMB (CCC), 98 km autour du Mont Blanc. Ce qui m'a donné l'envie de partager mes impressions.
2010 = 10 années de courses à pied. Découvrez la rétrospective dans le détail ici.

N'hésitez pas à me rendre visite régulièrement et me laisser vos commentaires. Merci.
Bernard. (Bernard RONGVAUX, Virton, Belgique)

" Un pessimiste voit des difficultés dans chaque opportunité. Un optimiste voit des opportunités dans chaque difficulté "
"On ne s'arrête pas de courir parce qu'on vieillit, on vieillit parce qu'on arrête de courir"
Note :si des pages pop-up indésirables s'ouvrent, c'est totalement indépendant de ma volonté.
Activez le blocage pop-up de votre navigateur.

mardi 12 mars 2019

♣ Trail "La Tharée", Rettigny (B)



Samedi 09 mars 2019

30 km - 1000m D+


Allez, encore une belle sortie et un bon entraînement qui se profile, en tout cas, c'est dans ce sens que nous prenons cette course.
Le jour précédent, gros boulot chez un ami qui rénove une maison. Résultat, le soir, je suis complètement cassé du dos. C'est pas très malin, je sais. Mais bon, une bonne nuit là-dessus et ça devrait aller. Pensais-je ....
Côté Céline, pas grande motivation non plus... Côté météo, pas très optimiste: pluie et vent sont annoncés.
Et pour couronner le tout, Céline me demande quel temps on avait mis l'an passé..
"Aux environs des 2h", lui dis-je, "mais pour seulement 16km !"
"Ah mince, c'est vrai, on n'avait fait "que" le 16km". Et on se souvient bien de la difficulté de ce parcours ...
Bon, tout ça, pour planter le décor, pas pour trouver des excuses pour la suite...(voir plus loin...).

Samedi, 6h du mat'. Il a bien plu la nuit, mais pour l'instant, c'est calme. Côté vent, ça va aussi. Pourvu que ça dure...
Côté "dos", c'est pas la joie...Côté "motivation", ce n'est pas mieux..
1h de route pour rejoindre nos Ardennes profondes. retrait des dossards.

Briefing : "bon, y'en a un peu plus, je vous le mets quand même ? Le 30 fera 32, le 42 fera 44 km... Sur le 30, vous traverserez la rivière seulement 2 fois, sur le 44, 4 fois !! Et soyez prudent, ça risque d'être glissant, quand ça monte, et aussi quand ça descend, ...et aussi quand c'est plat"
Voilà, c'est dit !

Bon, sur ces distances moyennes, en général on part ensemble, puis au fil des kms, chacun développe sa course.

09h, c'est parti. Quelques centaines de mètres pour sortir du petit village de Rettigny, et on aborde une pente en prairie, puis petite route. Pfffff, je suis déjà à la peine, pas de jus. Je ne la sens pas du tout, cette course. Ce sera une course contre moi-même..Mais on part à froid, ça ira mieux quand on sera "chaud"...C'est cela, oui....
Puis, rapidement, arrivent les premières difficultés : une belle descente technique en sapinière, (sur le "cul", déjà pour pas mal de coureurs, car c'est glissant), puis sentier en sous-bois, pour arriver sur la première belle côte (oui, une vraie côte !) dans les sapins. Ah oui, ici, ça ne rigole pas, quand ça monte, ça monte !




Après 5 km, on a déjà gravi 5 grandes côtes.
On fait le point. Céline a l'impression de ne pas avancer... Pour ma part, c'est "pas de jus". Mon dos n'est pas douloureux (pas encore...), mais fatigué. Je me traîne et force pour suivre ma compagne. Quand aux belles descentes, celles où d'habitude on se régale, j'ai peur de m'y défouler, n'étant pas sûr de mes appuis...
Le parcours est varié, et malgré tout pas trop boueux: terrain souple, sapinière, grands bois, sentiers en balcons, en sous-bois, à travers buissons et futaies, ruisseaux et petits ponts de bois.







Le photographe "camouflé"

Au 10e km, la forme n'arrive toujours pas... Puis c'est Céline qui est obligée de faire 1, puis un deuxième, arrêt "technique". Des crampes aux intestins... Aïe, aïe, c'est pas top, ça...

Ravitaillement, km 14. On souffle quelques minutes...

On repart, mais 1km plus loin, Céline doit à nouveau faire un arrêt, avec des douleurs aux intestins.
Là, je luis dit "stop". Ce n'est pas raisonnable de continuer sous ces conditions. Il reste encore 18km, avec probablement 1 côte tous les 2kms.
"Mais continue si tu veux", me dit-elle.
Bof le "jus" ne vient pas, et mon dos ne va pas aller au mieux au fil des kms et des difficultés, c'est certain !! Je n'ai pas envie de me traîner pendant 5 km à marcher sous anti-douleurs....
"On aurait dû se contenter du petit parcours (19km, cette année), c'eût été plus raisonnable", commente-t-on de concert...
Eh oui, erreur de jugement lors de l'inscription...

Donc, nous rebroussons chemin jusqu'au ravitaillement, et signaler que nous arrêtons.
Là, on rencontre une connaissance, Michel : "Alors, les Gaumais, on vient chercher les bois des Ardennes, à défaut de pouvoir courir dans les vôtres ?"
"Eh oui, mais ils sont trop durs pour notre forme d'aujourd'hui, on rentre"
"Prenez, là, un peu plus loin, vous allez rejoindre le parcours retour, il vous reste environ 3km"
"Ok, merci"

3km, 3km, qu'il disait...En fait, on en fera encore 5, avec l'ascension (ou plutôt, l'escalade) d'un massif rocheux, et encore 2 autres côtes. On laisse passer, en les encourageant, les premiers du 32 km...
Là, on ne se rend pas bien compte, mais c'est une descente en escalade dans un petite gorge, sans aucune sécurité. Si tu te loupes, tu termines dans l'eau. Un peu "léger"....

On se dirige directement vers la voiture pour se changer, puis je vais déposer nos dossards au poste de chronométrage pour signaler notre abandon.

Finalement, pas trop de regrets, car on aura quand même fait 20 km en tout, et en évitant les traversées de rivière. Une relativement bonne sortie....
La météo aura été potable, pas de pluie et vent modéré, une bonne température pour courir.
Puis on se pose la question de ces trails au "toujours plus dur, toujours plus long", où finalement, on ne trouve plus beaucoup de place pour réellement courir... Un parcours de "Tharé" quoi !! 😉
Allez, on se ressaisit et on se retape pour le prochain....dans 15 jours! C'est quoi déjà ? Ah oui, 32 km et 1180 D+. Ah oui....pas mieux, quoi !! Ah, la, la ....ça va aller, ça va aller.....


Résultat : abandon vers le 15e km, mais au total, on en aura fait 20.



jeudi 28 février 2019

♣ Grand Sud Marocain




12 au 20 février 2019

env 180 km 

 Salam Aleïkoum (Bonjour) 

Après 2 participations au Maroc avec MCD, en 2010 et 2011, je n'avais qu'une envie, c'était d'y retourner ! Je n'en avais conservé que de bons souvenirs !
Et, courant 2018, un mail de Jacques Salaun (GO de MCD) proposant à nouveau cette destination....
"Là, il faut y aller" lançais-je à Céline, ma compagne.
Sans tarder, nous lançons les formalités : inscriptions, vols, logement...
Puis s'enchaînent les différentes infos de Jacques, très riches en détails comme à son habitude. Rien n'est laissé au hasard. Une organisation au top, mais sans se prendre la tête...
8 ans que mes baskets "spéciales désert", avec le velcro cousu pour les guêtres, utilisées sur mes 2 premiers raids, croupissaient dans leur boîte, il était temps de les réveiller...

  • Au programme :
"Le Sud marocain offre une transition unique entre les montagnes de l’Atlas et le désert qui s’installe en douceur tout contre elles, présentant la palette complète des reliefs présahariens : canyons, regs, ergs, oasis, dunes, etc. De Timgit, au sud de Zagora, la vallée du Drâa (plus de 200 km), porte d’entrée du désert, est une grande oasis aux dimensions naturelles, comptant parmi les plus spectaculaires au monde. C’est là que l’Atlas rencontre le Sahara pour former l’un des paysages les plus torturés et les plus beaux du Maroc. Puis traversée du djebel Bani à 700m d'altitude, entrecoupé d'oueds et façonné par les vents à la manière des décors de western. Puis place au sable orangé des dunes de Chegaga, le plus long cordon dunaire du Maroc. Traversée du lac d’Iriki, le plus souvent asséché. Pour terminer nous prendrons la direction du Magouar Sghir, grand plateau tabulaire brûlé par le soleil sur sa face sud et qui domine le lac du haut de ses 669m. Nous terminerons à Foum Sguid. 174 km environ en 5 étapes + 2 demies étapes. Marche ou course à allure libre. Itinéraire détaillé sur ROAD BOOK fourni, avec points GPS.
Dans ces lieux à l’aspect inhospitalier, la vie est pourtant bien ancrée, entre vertes palmeraies et villages isolés aux traditions séculaires. Au détour d’un oued ou d’un carré cultivé, les rencontres
sont nombreuses avec la population berbère, si accueillante..
." (source: MCD)

trait rouge = notre périple.

22 participants, dont 20 Français (majorité de Bretons) et 2 Belges (ben oui, que nous...).

Pour nous, le voyage jusqu'à Marrakesh ressemble déjà un à mini raid : voiture, bus (train supprimé), TGV pour arriver à Paris où nous passons la nuit. Ensuite, métro, RER, navette pour Orly Sud, et avion pour Marrakesh. Ouf, parti dimanche 10 vers 16h00, nous nous posons quasi 24h plus tard.
Suite au décalage du vol des Bretons (ça y est , ils commencent à nous compliquer la vie..😄), nous devrons attendre mardi 18h30 pour être pris en charge par le guide.
Bon, il nous reste à visiter un peu et à flâner....



  • Mardi 12.
Rdv au coin de la place Jamaa El Fnaa (LA place populaire de la ville), ça grouille de monde et de véhicules en tous genres. Comment Mohamed, le guide, va-t-il nous repérer??
Et pile à l'heure, Mohamed apparaît, grand sourire déjà, il m'a reconnu, 8 ans plus tard. Lui non plus, n'a pas changé! Une participante, Isabelle, est déjà dans le minibus. Direction l'aéroport pour embarquer le reste de la troupe.


Il nous faudra patienter encore 1h30. Ce n'est que vers 20h00 que nous prenons la route de Ouarzazate, longue et torturée, en travaux, via le col de Tichka (2200m alt.), avec une pause gustative de 30min. Arrivée à 'Zate' en pleine nuit (01h30).
Col de Tichka
La pause gustative, au resto du col...

  • Mercredi 13: Jour 1 du raid, "étape courte et plate".

Départ de Ouarzazate vers 09h30 pour encore 170km de petite route. On commence tout doucement à faire connaissance avec les autres participants.



Pause "photos", avec les explications touristiques de notre guide



Le départ officiel de notre périple aura lieu un peu plus loin que Zagora, au ksar (village fortifié) de Beni Khalouf, après la pause repas et le rappel (voire l'initiation...) de l'utilisation du GPS. Il est alors 13h30.



C'est une 1/2 étape de 15km qui nous attend. Nous commençons par une traversée en groupe du Ksar, avec les explications culturelles et historiques de notre guide Mohamed. C'est très intéressant !



Ensuite, nous traversons la palmeraie en direction du Drâa (le plus long fleuve du Maroc, 1100 km) que nous devons traverser. Comme il est la plupart du temps à sec, cela ne devrait pas poser de problème. Devrait....Car en ce moment, le barrage de Ouarzazate a lâché les eaux et accouché d'une relative profondeur d'eau. Au début, c'est rigolo, mais plus loin, le courant est trop fort, il nous faut rebrousser chemin.



le grand Jacques et son bâton de pélerin


Bon, là, ça ne va pas le faire....On ne passera pas!

Retour vers la palmeraie, que nous longeons jusqu'au village voisin, afin d'y trouver LE pont qui nous permettra de traverser. Découverte aussi du premier palmier-citron. Quoi ? Palmier ..... citron ? Oui, c'est la blague traditionnelle de Momo...


Le fameux palmier....6 troncs (pas citron !) ;-)
Pendant ce contre-temps, les heures tournent (il est déjà 15h)...et les km aussi, déjà 12 de fait! Finalement, décision est prise d'embarquer dans les 4X4 pour gagner le lieu de bivouac, sauf quelques coureurs tenaces qui boucleront les 10 km en courant, pour arriver un peu avant la tombée du jour.


La liaison "auto-portée" et bien secouée ne sera pas de tout repos, après 2 ensablements du pick-up. Mais il en faut bien plus pour casser le moral de la troupe qui s'amuse de ces "incidents" 😊 ...
Finalement, les coureurs iront presqu'aussi vite que nous....



Premier bivouac en pleine brousse désertique, premier apéro "berbère", le thé à la menthe qui sera un rituel à chaque pause Cette année, c'est clââsse, les tentes sont déjà montées et il y a un "tipi wc" !! Tout le monde appréciera...
Les WC !
Petite toilette avec les moyens du bord et encodage des points GPS de l'étape du lendemain. Opération qui se fera chaque soir..
Ce sera aussi le premier "vrai" apéro: j'avais insisté pour être les premiers à proposer (eh oui, Jacques, battu sur le fil..!). Ce sera de la bonne bière belge (la Rulles), accompagnée d'une friandise typique, des cuberdons.

Découverte d'un vrai repas berbère réalisé dans la cuisine de campagne: excellent et en quantité. On ne mourra pas de faim...Nous terminons par le traditionnel  1/4h culturel de notre guide sur l'histoire, les coutumes et la géologie du Maroc. Non, Monsieur (ou Madame..), on ne fait pas que "simplement" courir ou marcher, on s'instruit aussi !!

Côté cuisine ....


Le 1/4h de Mohamed !
 
Total du jour: 12km à pied + 10 en 4X4


  • Jeudi 14 : Jour 2, "matinée montagneuse, puis terrains variés ; piste, sable, cailloux".

Départ vers 09h15, après un petit-déjeuner assez copieux. Nous nous dirigeons vers les collines qui nous font face, le djebel (montagne) Bani. Une ascension de 200m D+ nous attend via une piste chamelière. Une petite piste qui serpente à travers ce massif très rocailleux. Une vue splendide nous attend. Il y a une très bonne ambiance et ça rigole bien. Pauses photos incontournables, on a le temps...






Sur l'autre versant, nous traversons une gorge dans le fond d'un oued sec, sur une piste qu'il faut deviner par endroit. A la sortie de la gorge, nous quittons l'oued vers le point d'eau sur une piste balisée style trail. Un marathon est passé par là, paraît-il... Le point gps n'est pas pile au bon endroit, mais le 4X4 est bien visible de loin, c'est le principal. Nous aurons les explications de Mohamed à ce sujet. Il y a toujours une explication...😉


Le "point d'eau" !

Ensuite, traversée d'une autre gorge bien large, parcours facile, pause repas à la sortie de cette gorge. "Repas sous un arbre à la sortie de la gorge" précise le road-book....1 arbre, pas 2 !

1 arbre, et pas un gros :-)

Là, il nous faudra attendre les marcheurs un très long moment...Largement le temps de faire une petite sieste et/ou d'escalader la petite colline pour profiter du panorama environnant.






Ensuite, c'est tout droit pendant 10km, jusqu'au bivouac. Facile...Mais pas si évident d'aller toujours tout droit, n'est-ce pas Bruno ?? En fait, on avance un peu en zig-zag, en se corrigeant régulièrement. Au bout du compte, on fait généralement 2km en plus...
Nous sommes installés tout près d'une "prairie" où paissent quelques dromadaires...




Rituel quotidien : toilette, apéro, repas, 1/4h culturel. Pas le temps de s'ennuyer ! Sans oublier le splendide coucher de soleil. Puis, dodo ...
En langage berbère Mohamed : dégustation, mangeation, culturation et dormation.😂😂





Même Momo propose l'apéro ! Génial ...

Total du jour: 14+ 11 = 25km


  • Vendredi 15 : Jour 3, "cailloux et piste, pas confortable, puis sable".

La nuit a été froide, et le matin, il ne fait pas très chaud, la veste s'impose. Il faudra quelques km pour monter en température. On part calmement, tous ensembles, et petit à petit, les groupes se forment, dans la bonne humeur.

Cette première partie (environ 10km..)  se déroule sur un reg (vaste étendue désertique de cailloux), avec quelques arbres par-ci par-là.



C'est tout droit jusqu'au ravitaillement: eau, mélange de cacahuètes salées (appelées aussi "cochonneries berbères"), mandarines à volonté. Près d'un puits, facile à repérer. Momo  (pour les intimes...) nous en explique la fonctionnalité.




                          Le seau est fait avec du pneu !

Le vent est fort et assez frisquet, on ne s'attarde pas trop. Direction le point repas, quasi 11km, tout droit sur la piste. Il n'y a pas grand-chose à voir à perte de vue, sinon bien suivre la trace. Ah si, un arbre pour Bruno 😉
On gambade par petits groupes, au gré des envies...




Mais rapidement, le soleil commence à bien chauffer (env 20-24°).
Pause repas à l'ombre d'un acacia. Mais le vent est fort, et il faut se protéger du sable qui vole.
Les marcheurs seront longs à nous rejoindre...Les chauffeurs guettent aux jumelles...



Frère Mohamed, ne vois-tu rien venir ??

Tiens, un tracteur passe, là sur une petite piste, au milieu de nulle part, c'est fantomatique !

Nous resterons là pendant plus de 2h. A parler de tout et de rien, à soigner Jacques qui s'est écorché le genou, à réparer des guêtres, à méditer.....Et profiter du buffet bien coloré que nous proposent chaque jour nos accompagnateurs cuisinier, guide et chauffeurs, dans une cuisine improvisée !

Qui a dit : emplâtre sur jambe de bois ??? 😊

La remise en route est un peu lente. Il ne nous reste plus que 7km. Dans un environnement plus sablonneux, en suivant des traces de dromadaire. Bivouac dans l'oued Latach, au pied de quelques dunes.




Tout près, 2 dunes plus loin, il y a un puits. On décide d'y aller faire un brin de toilette. Mais il se trouve occupé par quelques autochtones qui ne semblent pas spécialement ravis de nous voir débarquer...Ils viennent de capturer un petit dromadaire (pour le vendre semble-t-il..) qu'ils sanglent dans un pick-up. La chamelle qui tente de s'interposer bruyamment ne nous inspire pas confiance...On ne traîne pas et rejoignons le campement, discrètement... Non, non, on n'a rien vu...

Bon, ben, au revoir, on va pas s'attarder, nous....
Emeline , la plus jeune participante (19 ans, et reporter "officielle" désignée ) fait une petite vidéo avec les impressions (en 1 mot ..., hmm) des participants. Franche rigolade !

https://www.facebook.com/100009204245611/videos/2212584152391705/?id=100009204245611&__tn__=%2CdlC-R-R&eid=ARD3zeYCrWSSdLXsb5CnCNFDh1xEjWfM4MLqnWHlYCWr68wgjVtXtcwF_bkfuXStN9elWzlclYAVravr&hc_ref=ARSZyiWj4-z9AHbngrtnrincODNlYEi7Xs0rz9TdFIyEeiF6h4xmhNYMwkI3aAr0ce4
Un léger voile nuageux se profile, ce qui donne une lumière particulière au coucher de soleil ! Superbe !

Après le repas, nos amis berbères font un feu de camp. On s'y retrouve un peu, mais personne ne s'y attarde, froid et fatigue ont raison des participants. Mince, alors, le grand feu fait long feu... Dommage..!

Total du jour: 21+ 7 = 28km


  • Samedi 16: Jour 4, "étape la plus sableuse, progression lente : dunettes et dune de Chegaga".

Cette fois, ça ne rigole plus : on attaque les dunes. Le "vrai" désert, comme on le conçoit et le voit dans les bouquins 😊 ! C'est le plaisir et l'amusement de "plonger" dans ce sable fin, comme des gosses !!
Attention : 1, 2 .....

...... 3 !!!!

Youpi !!!!!
D'abord en dunettes, puis en dunes de plus en plus imposantes et surtout déroutantes. Il ne faut pas perdre le bon cap, il n'y a plus aucun repère ! Le vent est fort, mais on l'a dans le dos. Le sable s'infiltre partout, même et surtout dans mon appareil photo. Erreur de débutant...Pourtant ce n'est pas faute d'avoir mis les autres en garde...C'est malin, hein !!
Ben oui, il y aura moins de photos après....😥

On en prend plein la vue....et plein les yeux !

Ouh, ouh...y a quelqu'un ??
8 km tout droit jusqu'au point d'eau (ravito). Avec Céline, nous arrivons les premiers, mais personne ne s'y trouve, pas de 4X4. Puis on voit Bruno qui file sur la piste (à la trace, il n'a pas les points repères...), un plus plus à droite, sans s'arrêter...
"Mince, mon gps est bien programmé, pourtant" !
Bon, tant pis, on le suit... Mais 1km plus loin, pas de doute, il y a un souci ! En me retournant, je vois arriver le 4X4 avec d'autres coureurs.. Tant pis, on ne fait pas marche arrière, le vent est trop fort. On continue jusqu'au point suivant (repas).
Puis soudain, au détour d'une dune, surgit le 4X4 de Mohamed, qui vient nous prévenir du changement du point repas. "Il se fera un peu plus loin que prévu, 2 dunes après, à l'abri dans un bâtiment." nous précise-t-il.
On continue sur notre lancée, la progression n'est pas facile.


Au loin, nous apercevons une vaste étendue verte : eh oui, nous allons traverser une immense prairie, où paissent tranquillement un troupeau de dromadaire et quelques chèvres.
Se profile en arrière-plan la plus haute dune : Chegaga; Point repaire pour le repas.



Plusieurs bâtiments se cachent derrière ces dunes. Difficile de trouver le bon emplacement....On hésite ..Puis soudain, on entend crier, c'est un de nos chauffeurs qui nous indique où aller. En fait, il s'agit d'une "auberge", où nous sommes super bien accueillis, avec tout confort, coin salon et même des WC, quel luxe !.
Attente habituelle des marcheurs, mais à l'abri, on profite du thé aimablement offert (1, puis 2, 3, 4 voire 5..)


On n'est pas bien là ? Reprendrais bien un thé, moi....


Les 10km suivants se feront quasi entièrement dans le sable. D'abord avec l'ascension de cette grande dune Chegaga, ça s'impose. Spectacle sensationnel au sommet, dunes à perte de vue !

You, ouh, on est là !!



Seuls au monde (oui, enfin, presque...), et face au vent ....

Il nous faut alors sillonner entre dunes et crêtes, en vérifiant sans cesse le cap  pour ne pas se perdre. Céline n'est pas très à son aise sur ces hauteurs, mais je la rassure en lui donnant les indications nécessaires pour les aborder le plus "facilement" possible. Mais la progression n'est pas facile et assez éprouvante. Au loin, c'est comme un brouillard de vent de sable...





Le soir, au bivouac, Céline sera rattrapée par son boulot de pédicure, à soigner les nombreuses ampoules qui auréolent les pieds endoloris de pas mal de participants (surtout les marcheurs...).
Hôpital de campagne....

On essaie de faire comprendre à nos organisateurs qu'il faut mieux s'organiser pour les départs : les marcheurs devraient partir plus tôt, afin de moins attendre à la pause de midi..C'est pas gagné..!

Total du jour: 17+ 10 = 27km



  • Dimanche 17 : Jour 5, "dunes, dunettes, lac asséché d'Iriki, sable mou-dur"

Il va à nouveau nous falloir naviguer quelque peu dans les dunes en première partie de parcours. Et toujours avec ce vent fort qui fatigue à la longue...Nous cherchons de plus en plus à traverser les zones plus plates et moins sableuses qui se trouvent entre les dunes, recouvertes d'une espèce de croûte blanche.

Le petit point coloré au centre : c'est Bruno !! On t'a vu....

  Dans l'ombre de nos pas......😉


Après le ravitaillement, nous attaquons une interminable étendue plate, le lac d'Iriki (vaste lac asséché). Terrain de sable plutôt dur, avec des zones qui semblent "humides", il est agréable à courir.
Le point repas est une auberge, l'Etoile d'Iriki (non, non, ce n'est pas une blague....d'ailleurs, il y en d'autres sur ce lac de plusieurs dizaines de kms de long...). Au bout d'un moment, nous l'apercevons au loin, dans la brume de sable. Il ne semble plus très loin, mais le gps indique encore un peu plus de ...5km ! Et il nous faudra bien les parcourir, avec toujours ce bâtiment en point de mire, qui ne semble jamais se rapprocher.

Non, non, ce n'est pas un mirage !!

Bruno est déjà là, emmitouflé dans sa veste, car même si le soleil est bien présent, le vent reste frais.
L'intérieur est très accueillant, comme partout dans ce pays. Apéro berbère...Et rien qu'à l'abri du vent maudit, cela fait un bien fou ! Et puis, il y a du ....Coca ! Quoi ? Oui, du COCA !!
"Allez, c'est ma tournée, les amis!"
En s'y prenant bien à l'avance, paraît-il, (commander quelques jours plus tôt, car 60km pour aller les chercher...), on peut même avoir de la BIERE !
Coureurs et marcheurs arriveront par petites grappes pour enfin prendre le repas , bien mérité, tous ensemble.

Santé !!

La suite est un peu plus monotone, c'est la traversée du lac sur 12km. Oui, ça paraît très long, faut y aller au mental, là ! Le soleil tape bien aux environs des 30°.
Pour rejoindre l'endroit du bivouac, en bordure de ce lac sans eau ! Ah, c'est malin...😄
Bon allez, je veux bien prendre la pose, après la pause ....

Des guêtres "maison" : rigolo !!
En soirée, Emeline réalise un interview marcheurs-coureurs
https://www.facebook.com/100009204245611/videos/2213851238931663/



Total du jour: 16+ 12 = 28km


  • Lundi 18, Jour 6 : "étape à option, lac asséché, environnement rocailleux et sable"

Allez, c'est reparti. Le vent s'est quelque peu calmé, ouf! C'est pas du luxe. La journée s'annonce belle, comme la plupart du temps ici d'ailleurs...Et s'il fait encore un peu froid, il ne faut pas oublier qu'ici aussi, c'est encore l'hiver...
7km jusqu'au point d'eau, encore un peu sur le lac, mais un peu plus caillouteux. Ensuite, 8km pour le point repas, dans une zone d'arbres. Nous sommes un petit groupe de 6 coureurs, avec 2 gps, à tirer tout droit vers le bord sud de l'énorme massif rocheux (le Magouar Sghir) qui se présente devant nous.


Puis soudain, on entend crier sur notre droite, un peu en arrière. C'est Bruno, qui est au point repas ! Quoi ? Mais le point n'est pas bon.. Mais si ! Mais non ! Il y a incompréhension...
Après vérification des coordonnées gps avec Mohamed, on trouve la faille : cette étape comprend 2 options: une longue et une plus courte.  Or, il apparaît qu'il y a divergence entre les coordonnées de ce point entre les 2 versions. Voilà l'explication ! Il y a toujours une explication..😉 Bref, c'est la faute à qui ? A Jacques, na !!
 Mais il faut être vigilant envers les autres groupes afin qu'ils arrivent au bon endroit. Un des chauffeurs fera le guet au sommet d'une petite dune pour s'assurer que tout le monde arrive à bon port.
Pour ce repas, Mohamed a accédé à notre demande de faire 2 services. D'abord les coureurs, qui pourront repartir ensuite et enfin le reste de la troupe.

Toute l'équipe de coureurs choisissent la version longue, à savoir contourner complètement le massif rocheux. Au passage, nous allons consoler un petit âne qui semble bien seul et bien triste au milieu de nulle part...
"Son maître n'est jamais bien loin et ne l'abandonnerait pas" nous rassurera Momo en fin d'étape.


Le tour du Magouar Sghir fait pas loin de 5km (contre 2 annoncés, hein Jacques !) et est une superbe excursion rocailleuse, entrecoupée de nombreux petits canyons, grandes crevasses dans le massif fait de colonnes gigantesques érodées par le vent, surmontées d'un énorme plateau. C'est assez impressionnant, planté là au milieu de rien.
On se régale à monter-descendre au fil des crevasses..















Quelques centaines de mètres derrière ce massif, nous rejoignons le circuit "court", pour nous diriger vers le lieu du bivouac suivant.
"Tu pointes le coin droit du massif, là, au loin, au pied des 2 marches que l'on aperçoit", me précise notre guide.


Si, si, tout à droite, le massif en arrière-plan, il y a 2 énormes marches....😏
Bizarre, mon GPS m'indique vers la gauche....
Mais tous les autres se dirigent bien vers ce point précis. Bon, ben, on va les suivre....
En fait, je comprendrai plus tard, en soirée, que mon gps était "fatigué", piles en fin de vie. Comme quoi, il vaut mieux les changer plus régulièrement..
Le terrain est en alternance de sable, de cailloux, de petits oueds. Un puits "Cœur de Gazelle"...Allez comprendre...



Émeline et Céline prennent tout doucement la poudre d'escampette, au grand dam des autres coureurs qui n'engagent pas leurs pas. Sauf Patoche, qui a l'air bien en forme.... On les laisse filer, les Gazelles. Ah, oui, ça doit être le puits qui leur a donné des ailes 😏.



Comme ce sera notre dernier bivouac, Mohamed, notre guide, nous fait les présentations de son équipe : cuisinier, chauffeurs, monteurs. Tous sont chaleureusement remerciés et applaudis !! Une fine équipe aux petits soins et particulièrement efficace dans ce milieu plutôt inhospitalier et loin de tout!
La fine équipe !!

Briefing un peu chahuté pour la dernière étape du lendemain. Départ à quelle heure, qui court, qui marche, 4X4 ou pas...? On arrive à un bon compromis: ce sera très tôt pour tout le monde!

Total du jour: 15+ 17 = 35km


  • Mardi 19 : Jour 7, "fin de parcours, direction Foum Zguid"

Levé aux petites heures pour un départ à la frontale à 6h ! 1/2 étape. Histoire de rejoindre au plus tôt les minibus qui nous ramènerons à Marrakech avant la fin de la journée. Une longue journée en perspective ...
Nous sommes 6 à partir, en courant (non, pas en fuyant, en mode "coureur"...😅).
Les autres seront véhiculés en 4X4 en tout ou partie du parcours.
Au programme, 21 km non stop (sans ravito) de terrain rocailleux, avec vent fort, de face cette fois ! Usant!! Nous passerons, malheureusement dans le noir, à côté de formations rocheuses style "western", utilisées comme décor de cinéma; ainsi que la traversée d'une petite oasis. Destination le pylône antenne GSM se trouvant au bord de la route qui mène à Foum Zguid.

Nous mettrons 3h pour réaliser ce parcours, en alternant de temps à autre des portions marchées. Le vent tenace aura raison de ma détermination, je réalise les derniers km à l'"arrache", le dos fatigué...
"Pour une fois,ce sont les marcheurs qui vont nous attendre" pense-t-on.
Que nenni ! Nous sommes les premiers. Les premiers marcheurs (véhiculés) arriveront 15-20min plus tard. Leur 4X4 est tombé en panne sèche, puis s'est ensablé ! Quelle aventure...
Il faudra encore bien 1h pour que tout le monde rallie les minibus.

C'est le moment de se séparer d'une partie de l'équipe à Mohamed. Les au-revoirs sont un peu déchirant après tous ces bons moments passés...

"Plus que" 7h de route pour rejoindre Marrakesh via, à nouveau, le col de Tichka, que nous allons découvrir de jour cette fois....Avec la neige qui est tombée la nuit d'avant, le panorama est exceptionnel !!! Nous apercevons au loin la chaîne montagneuse du Toubkal, recouverte de neige.




Total du jour:  21km

Nous terminerons cette dernière journée par...une bonne douche au riad !!!!!
Ensuite, resto en commun avec toute l'équipe. A nouveau, bien servis, sans modération, esu pétillante à volonté !! 😏

La soirée se finira par une bonne bière locale (Casablanca) au bar de l'hôtel du coin (seul endroit où on peut trouver de l'alcool..). Ouf, il était temps de réellement se réhydrater 😛 !!


Résultat : environ 176 km (voire 180-185 pour certains) sur 7 jours.

Conclusion : de nouveau une belle expérience, un circuit différent de mes précédents périples. Des rencontres très sympas, marcheurs ou coureurs,  des gens que l'on n'oubliera pas de sitôt. Et pourquoi pas certaines amitiés plus durables? Qui sait...
Marcher-Courir Découvrir (MCD) : une organisation sans faille, aux petits soins et tout dans la bonne humeur. (Non, je n'ai pas été payé pour le dire 😅, c'est sincère !)
Difficile de se fâcher avec Jacques ou Mohamed. Encore faudrait-il y trouver une raison...

Merci à Jacques (GRAND GO) et Mohamed (Momo, guide de haut niveau).
Coucou aux coureurs - marcheurs : Emeline (la plus jeune, au rire très communicatif, et accessoirement correspondante), Stéphanie (la maman, qu'à pas fini's'taire), Florence (l'endurante) et Thierry (le baroudeur), Brigitte et Patrick (Patoche), Bruno (à la trace...), Isabelle (ah, les gouttes oculaires...), Corinne (Coco) et Didier (le blagueur), Christine (aïe, les ampoules...) et Gilbert, Valérie (aï, aïe, les ampoules, et pas bien le citron), Christian, Jean-Claude, Yolande (Yoyo), Cathy, Laurence et Hélène.

Shukraan jazilaan (Merci beaucoup) !!

Raid-transport dans l'autre sens, avec escale à Paris, pour notre retour...


Au-revoir, Marrakesh !
  • De ci, de là.....Quelques clins d'yeux...