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UT4M 2019
Bienvenue sur mon blog.
Il n'est jamais trop tard pour s'y mettre ! N'ayant jamais pratiqué de sport, je suis venu à la course à pied par hasard l'année de mes 40 ans.
Comment on devient sportif sur le tard ?
Lire ici.
Ce blog est destiné à vous faire découvrir, petit à petit, mon parcours de "sportif", depuis août 2008 et mon plus gros défi à l'époque : UTMB (CCC), 98 km autour du Mont Blanc. Ce qui m'a donné l'envie de partager mes impressions.
Mes 10 premières années de courses à pied : découvrez la rétrospective dans le détail ici.
N'hésitez pas à me rendre visite régulièrement et me laisser vos commentaires. Merci.
Bernard. (Bernard RONGVAUX, Virton, Belgique)

"On ne s'arrête pas de courir parce qu'on vieillit, on vieillit parce qu'on arrête de courir"

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jeudi 2 septembre 2021

🏃 Ultra Trail du Mont-Blanc (UTMB), Chamonix (F)


  27 au 29 août 2021

172 km - 10000m D+




Tenté en 2011, je suis resté sur ma faim par un abandon au  km 50 (Les Chapieux), à cause d'une météo
déplorable (pluie abondante et neige). Je m'étais promis de retenter un jour...


Après avoir réalisé le 170km sur l'UT4M à Grenoble en 2018, nous étions confiants, Céline et moi, et impatients de tenter cet UTMB. En 2018, nous étions en plein dans notre mouvance trail, avec un calendrier de courses bien rempli, un entraînement correct et un état de forme à la pointe. Aujourd'hui, 2021, les conditions ont bien changé : annulations en séries, démotivation, entraînements perturbés... Résultat : il est clair que nous ne sommes pas dans de bonnes conditions physiques pour réaliser ce parcours relevé.

De plus, en ce qui me concerne, un incident de travail récent (fracture du pied, voir "l'après Jura"..) m'a empêché de courir depuis 1 mois, m'obligeant également à annuler la semaine d'entraînement "montagne" prévue début août.  Et ce ne sont pas les quelques sorties sur les Trail Séries qui ont été très porteuses en terme de charge d'entraînement.
Alors, me direz-vous , pourquoi s'être embarqué dans cette aventure ?
Je vous explique ....
 

Pour participer à l'UTMB, il ne suffit pas de simplement s'inscrire, il y a toute une procédure à respecter : l’inscription  n’est possible que pour les coureurs ayant terminé préalablement des courses inscrites dans la liste des courses qualificatives de l’UTMB® (et uniquement celles-là), rapportant un certain nombre de points dépendant de la difficulté et de la longueur de la course. Ces points ne sont valables que 2 ans (3 pour les course annexes de l'UTMB (CCC - TDS).
-2018: Lors de notre inscription, les conditions sont: UTMB® = 15 points acquis en 3 courses maximum endéans les 2 années précédentes. Points collectés en 2016 et 2017.
Ensuite, vu le nombre de demandes excédant largement le nombre de places, il y a un tirage au sort. Pas de bol, nous sommes refusés en 2018, et passons au niveau 2 pour l'année suivante.
- 2019 : nouveau refus au tirage au sort. Consolation : nous sommes inscrits d'office pour 2020, pour autant que nous ayons encore des points valables ! Et entretemps, les conditions ont changé : il faut maintenant 10 pts en 2 courses max (donc des courses d'un niveau plus relevé). Heureusement que nous ne sommes pas restés en reste et que nous sommes à même de pouvoir valider de nouvelles courses: 6 pt(s) : 2018 - Ultra Tour Des 4 Massifs 2018 - Ut4M160 Xtrem (164km)  +  4 pt(s) : 2018 - La Transju'trail 2018 - 72 Km (70km). 
- 2020 : la pandémie Covid passe par là, la course est annulée et reportée en 2021....
- 2021 : cette fois c'est la bonne ! Et les prix n'ont cessé d'augmenter, car chaque année, pour valider l'inscription il faut effectuer un paiement, qui est remboursé en cas de refus. En 2011 le coût d'inscription s'élevait à 172€, contre 310€ en 2019 !
Si on fait le compte, 4 ans nous aurons été nécessaires pour participer. Sachant que je viens de passer le cap des 60 ans, il est hors de question de repartir de zéro et me relancer dans cette longue procédure.... C'est maintenant ou jamais pour moi !!
Vous comprenez donc que vu l'investissement en temps et financier, il est hors de question que je ne sois pas au départ !! Quelles que soient les conditions...
 
Jeudi 26 août.
Point météo : "beau temps, quelques passages nuageux, température de saison. Pas de précipitations. Nuits fraîches".  Cela s'annonce plutôt bien..

Je passe en revue tout le matériel obligatoire et nécessaire et m'arrange pour que tout rentre dans le sac..😀


Voilàààà ! Tout est dedans..
 
Retrait des dossards à Chamonix. Pas de contrôle des sacs cette année pour le matériel obligatoire (Covid oblige, ils ne peuvent pas tout vérifier), mais sac obligatoire pour y placer la puce électronique. Notre créneau horaire est calme, cela passe très vite.
Cette fois, nous avons le précieux sésame en main !!
 

Et voilà, après 4 ans d'attente !!!!

 On s'imprègne un peu de l'ambiance des autres courses en cours. Ensuite, repos !
 
 
 
 
Vendredi 27 août.
Direction Chamonix (je loge à St-Gervais...) via un parking de délestage à Servoz pour laisser la voiture, puis navette bus vers Chamonix. 
Rendez-vous vers 16h15 au Champ du Savoy pour la dépose des sacs d'allègement et placement dans le sas de départ n°3, le dernier..
On peut suivre sur grand écran ce qu'il se passe sur l'aire de départ, Place du Triangle de l'Amitié.
Pendant l'attente, nous avons droit à une visite de courtoisie de "Mme UTMB" Catherine Poletti...
 




Mme Poletti

 Une fois la vague précédente partie, nous nous rendons en groupe vers l'arche du départ officiel. Heureusement il fait beau et l'attente est confortable. Je n'ose imaginer s'il pleuvait...



un "fou"-nambule nous surplombe...

18h00 : les derniers "furieux" sont lâchés ! Ambiance du tonnerre, foule nombreuse, quasi jusqu'à la sortie de la ville, ça "prend aux tripes"...
J'avais prévenu Céline que je prenais un départ prudent. Elle a bien respecté la consigne. Après 1 mois d'abstinence, je ne savais pas trop comment se passeraient mes premières foulées.. J'ai vite été rassuré, les sensations sont bonnes.
 Nous avons un bon petit rythme sur les 8 premiers km jusqu'à Les Houches. Le relief est relativement plat et roulant sur bon chemin. On trottine non-stop, alors que certains marchent déjà.. Vont-ils essayer de faire le tout sur ce rythme ? Pas sûr que ça passe aux barrières....





premier ravitaillement "liquide" aux Houches

Encore quelques centaines de mètres à travers la ville, puis on attaque les festivités : 760m D+ sur 5km. La montée n'est pas technique, large piste bien praticable, mais assez longue. 
Céline a un peu de mal à "rentrer" dedans. Moi, je suis bien et monte sans forcer.
Passage au Col Voza, puis Le Délevret (1808m). 
 
 
 



                                                                        (photo Belgian Running)

 S'ensuit la descente vers St-Gervais, quasi 1000m de dénivelé négatif sur 8km, d'abord sur pente raide (piste de ski), puis sur piste rocailleuse et sentier en lacets, mais relativement raide aussi. Les cuisses chauffent déjà bien...!! Là, je me rends compte que mes muscles ne sont plus préparés à encaisser de tels efforts... Aïe...Cela va-t-il compromettre la suite ??
La nuit tombe petit à petit, il commence à faire très sombre dans le sous-bois. Je me décide à mettre la frontale, je ne tiens pas à me casser la figure...
Ah oui, c'est mieux comme ça..!

Arrivée à St-Gervais à 21h15 (km21), les cuisses déjà bien dures.. La barrière horaire est à 22h00, cela ne nous laisse pas beaucoup d'avance. J'espérais plus (au moins 1h30...), alors que nous n'avons pas traîné..
 


 
Ravito assez rapide. La reprise est déjà assez dure, les muscles bien tendus... Direction Les Contamines, 10km pour 320m D+. C'est en légère "montagnes russes", avec quelques belles bosses. On relance le plus possible.
Passage aux Contamines (km 31) à 23h30. Barrière à 00:00 .. On n'a rien regagné, cela commence à me préoccuper. J'avais calculé la moyenne horaire à 3,8 km/h pour passer limite aux barrières. Nous sommes à 6,7 et on ne prend pas beaucoup d'avance.. Ont-elles été resserrées ?? Cela nous met un peu la pression..
 

 Après, le terrain s'élève plus sérieusement et progressivement. Prochain pointage dans 8km, pour 710m D+. Céline prends peu à peu les devants. Je vois le"flash" arrière de sa frontale qui s'éloigne.. Je la retrouve au petit ravitaillement de La Balme. Nous n'avons toujours  que 30 petites minutes d'avance.
(il est 01h30, km 39, alt 1846m) 
 
On s'équipe d'une couche supplémentaire, car cela se refroidit quelque peu et on doit seulement passer le premier grand col : Col du Bonhomme (2329m), puis Croix du Bonhomme (2480m). Env 5km d'ascension pour 630m D+.  Je limite ma "consommation énergétique" en montant lentement, à mon petit rythme. Avec les années qui passent, j'ai plus dur dans les montées. Céline s'éloigne au fur et à mesure du temps qui passe, jusqu'à la perdre de vue. Je pense que je ne la reverrai pas de si tôt...
Cette montée me semblera interminable, alors que je la connais et que je sais que ce n'est pas la plus dure. Quelques relances en palier permettent de récupérer. Mon dos commence à me faire souffrir.. J'essaie de ne pas y penser et de passer outre, comme je me l'étais promis dans mon "conditionnement mental" d'avant course..😉
Le trajet en altitude entre le col et la croix du Bonhomme (passage à 03h40) n'a pas été simple pour moi. Je peste de rage.. Et mon dos ne s'arrange pas.. Déjà... Si tôt dans la course..Pfffffff..C'est pas gagné..
Et la descente qui suit, vers Les Chapieux, là où normalement je devrais me régaler et rattraper le temps perdu, voire en regagner, ne va rien arranger.
Mon dos (les lombaires) douloureux et mes cuisses "en béton", qui semblent se dérober à tout moment, ne me permettent pas de profiter. Je descends "au ralenti", la mort dans l'âme, me faisant doubler à tout moment.. Le moral en prends un fameux coup... Je commence à me poser plein de questions, à me remettre en question. Jusqu'où vais-je aller ? A Courmayeur (km 113)..? Je pense à tout le parcours encore à effectuer pour y arriver. Dans mon état, cela ne va pas être possible..
Le temps passe, plus vite que les km... J'ai l'impression qu'une tortue avec des jambes de bois et des béquilles irait plus vite que moi 😀!
J'ai beau scruter le bas de la vallée, je n'aperçois pas le ravitaillement. C'est interminable.
Finalement, vu la difficulté dans laquelle je me trouve à ce niveau de la course, ma décision est prise : j'arrêterai au poste suivant ! Ce n'est pas raisonnable de s'obstiner dans ces conditions.. Tant pis, au moins j'aurai essayé. Pas de regrets...
Les Chapieux, km 50,8 , j'abdique... La barrière est à 05:15 et j'arrive à ... 05:15:19 ! 
Cette fois, c'est cuit, la barrière est fermée. Quasi personne dans le point de ravitaillement, et les bénévoles commencent à démonter... Quelques coureurs arrivent au compte-goutte après moi... L'impression est bizarre...
 

Euhhh : y a quelqu'un ?? 😀

Un bus de rapatriement est prévu à 06h30, et des matelas sont à disposition pour récupérer un peu..
J'en profite pour changer de t-shirt et mettre ma 2e couche sèche. Je m'allonge mais n'arrive pas à m'endormir... Je ressasse ma "course"....
Finalement, le bus est bien rempli  de coureurs (une trentaine environ). Direction ....Courmayeur.
 Ah, bien, on pourra y récupérer notre sac d'allègement pour se changer..
02h30 de trajet, avec un chauffeur qui doit être apparenté à un pilote de rallye, vu sa conduite "sportive" dans les innombrables lacets qui jalonnent la route vers Bourg-St-Maurice et Courmayeur. Chapeau à ceux qui ont réussi à dormir...😀. Et pas de malades à l'arrivée 😂
J'arrive donc en début de matinée. Récupérer le sac... Comment ? Pas là ? La responsable m'indique que les sacs "d'abandons" ont déjà été réexpédiés vers Chamonix... Mince alors..Bon, tant pis..!
Au moins, j'ai encore mon dossard qui me donne accès à la salle et au ravitaillement. Et puisque je suis à Courmayeur, et que Céline est toujours en course, je décide d'attendre son passage et de l'assister ici.


 Je suis sa progression sur l'application Live. Elle arrivera à 12:16. La barrière est à 13h15. Mais il lui faut se changer un peu, s'alimenter, se reposer. Elle est fatiguée mais prête à continuer. Elle repart à 13h05, avec cette fois encore moins que la 1/2h d'avance ...
Je profite d'un bus pour Chamonix, récupère -enfin- mon sac d'allègement. Et cherche une navette -  qui n'était pas prévue, apparemment - pour rejoindre mon véhicule à Servoz. Heureusement, c'est le responsable "transport" qui me ramènera à mon véhicule, qui se trouve - tout seul -  au parking de délestage!! Là, je n'ai rien compris..Où sont passés tous les autres ? Quand, comment ?? Bref...
La fin de mon périple se terminera à mon hôtel vers... 16h! Ouf !! Quelle journée !! 

Mais pas trop le temps de se reposer: Céline prévient en fin de journée qu'elle n'avance que trop lentement, qu'elle en a marre et qu'elle va probablement arrêter à La Fouly (km 113). Arrivée prévue : 21h25.
Pour la récupérer là-bas, il ne faut pas tarder. La route est assez longue et tortueuse. 
Elle y arrivera finalement à 21h50, emmitouflée dans toutes ses couches, car la montée du Col Ferret a été assez rude et froide, avec du vent et une belle averse. La limite est à 22h30. Le temps de se ravitailler, elle ne repartirait qu'avec à peine 20min d'avance. Sans pouvoir regagner du temps, cela veut dire qu'il lui sera impossible de dormir sans risquer la mise hors-délai. Cela devient très compliqué, et risque d'être dangereux pour la suite, par manque de lucidité, nécessaire dans des passages malgré tout délicats.
Sa décision est donc prise : c'est l'arrêt !! Après 27h de course, c'est déjà pas mal...! Si ce n'est plus pour courir, alors cela n'a plus d'intérêt...
Cette fois, on peut aller dormir.....😃

Conclusion : ce sera mon Ultime Trail du Mont-Blanc ! Mais je me (vous) rassure: il y aura encore de la montagne, il y a tellement d'autres trails à faire, moins longs, plus abordables, moins médiatiques, tout aussi beaux !!
Alors, sortons nos agendas 2022. Il y aura déjà le MIUT (Madère Island Ultra Trail) 85km en avril. 
Allez, vite sur les chemins pour s'entraîner...😀😀
 
 
Résultat : arrêt après 50,8km - 2859mD+ - 11:16:46 
 Céline :    arrêt après 113,5km - 6683mD+ - 27:51:45




 

Mais mon déplacement ne fut pas pour autant négatif. J'en profite cette année pour quelques jours de tourisme...

- Etape à Besançon.
Visite de la citadelle érigée par Vauban. Avec une visite guidée, j'y apprends beaucoup de choses, c'est très intéressant.
"Du haut de ses remparts, trois siècles vous contemplent… achevé en 1684, ce chef d’œuvre d’architecture bastionnée créé par Vauban est considéré comme l’une des plus belles citadelles de France. Surplombant de plus de 100 mètres la vieille ville de Besançon enserrée dans un méandre du Doubs, elle offre aussi de beaux points de vue sur les collines alentours. Vaste espace – pas moins de 11 hectares ! – aujourd’hui consacré à la culture et au tourisme, la Citadelle a servi au cours des siècles de lieu de casernement, de lieu de formation pour les futurs officiers – « les cadets » –, de prison d’état et de pénitencier militaire."

L'album photo complet ici


Je sais aussi qu'est organisé un trail : le Trail des Forts, 50km, avec passage dans les différents forts qui entourent cette ville. A faire....









 - Les gorges de la Diosaz, Servoz.

"Le chemin des gorges de la Diosaz offre, dans un site sauvage et naturel, un spectacle grandiose et inhabituel. Un sentier d'une difficulté modérée, ombragé, bien équipé, solidement implanté, parfois accroché aux parois escarpées ou franchissant le torrent sur d'agréables passerelles, permet de pénétrer le mystérieux et le pittoresque. Excellent but de promenade à la portée de tous, ce site naturel est fascinant autant par beau temps que par temps maussade.Vous pourrez admirer le travail d’érosion de la Diosaz, contempler la majesté d’une nature à l’état brut et frémir devant de bouillonnantes cascades."

Un chouette endroit de contemplation, de relâchement et de détente. Surtout pour les amoureux de cascades, comme moi...😀 

L'album photo complet ici






 
 
 
- Comme j'étais en manque de montagne et de paysage somptueux, j'ai emprunté le Tramway du Mont-Blanc à St-Gervais à destination du Nid D'aigle (2372m), au pied du glacier de Bionnassay.
"Le tramway du Mont-Blanc ou TMB est une ligne de chemin de fer à crémaillère du massif du Mont-Blanc qui relie la gare SNCF de Saint-Gervais au glacier de Bionnassay en Haute-Savoie. Initialement la ligne devait atteindre le sommet du mont Blanc. Elle est la plus haute ligne de chemin de fer de France"
 
 L'album photo complet ici
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Belle vue sur le Col de Tricot, emprunté dans le sens de la descente sur ce versant en 2016 sur la TDS, et dans le sens de la montée en 2018 sur la Montagn'Hard. Avec passage sur la passerelle qui surplombe le torrent de Bionnassay (tout en bas à droite dans les sapins...)