+ noël

Bienvenue sur mon blog.
Il n'est jamais trop tard pour s'y mettre ! N'ayant jamais pratiqué de sport, je suis venu à la course à pied par hasard l'année de mes 40 ans. Comment on devient sportif sur le tard ? Lire ici.
Ce blog est destiné à vous faire découvrir, petit à petit, mon parcours de "sportif", depuis août 2008 et mon plus gros défi à l'époque : UTMB (CCC), 98 km autour du Mont Blanc. Ce qui m'a donné l'envie de partager mes impressions.
2010 = 10 années de courses à pied. Découvrez la rétrospective dans le détail ici.

N'hésitez pas à me rendre visite régulièrement et me laisser vos commentaires. Merci.
Bernard. (Bernard RONGVAUX, Virton, Belgique)

" Un pessimiste voit des difficultés dans chaque opportunité. Un optimiste voit des opportunités dans chaque difficulté "
"On ne s'arrête pas de courir parce qu'on vieillit, on vieillit parce qu'on arrête de courir"
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mardi 18 mars 2014

• Trail du Ventoux-ERGYSPORT


http://trailduventoux.fr

Dimanche 16 mars 2014

46 km - 2850 m D+
 


Nous abordons notre premier gros défi de l'année.
Oh, pas dans une grande forme. Pas beaucoup eu le temps de m'entraîner, travaux à la maison les deux semaines précédentes, premier trail pas convaincant (voir trail des Jonquilles), et petite sortie pénible la semaine avant (fatigue, pas de jus). Quant à Céline, ce n'est guère mieux, toujours ses problèmes d'intestins compliqués à gérer et à résoudre, et une sinusite persistante qui n'arrange pas les choses. Tout cela, non pas pour se chercher quelconques excuses, mais juste pour planter le décor. Mais pas question d'annuler, quant on s'engage, on s'engage ! Et nous avons hâte de découvrir cette  belle et accueillante région, paraît-il....

Jeudi 13 mars.
Dernières infos de l'organisation: "Pour l'instant, beau temps prévu. Pour le Grand itinéraire, prévoyez vos équipements spéciaux pour trail blanc , vous aurez environ 15 km en neige. Nous avons aussi décidé , exceptionnellement d'autoriser les bâtons , si cela peut rassurer quelques coureurs."
Pour la première fois, nous allons tester les "Yatracks",  chaînes pour chaussures...

Vendredi 14 mars.
Pratiquement 800 km de déplacement sous un grand beau temps, nous en avons pour la journée.
Accueil chaleureux au gîte du Domaine de Pierravon, au pied du Mont. Nous n'avons plus qu'à prendre l'apéro et nous mettre à table. Un superbe endroit calme et reposant, ce ne sera pas superflu pour récupérer un peu.. Une très bonne adresse à recommander si vous voulez vous rendre dans le coin, très bon rapport qualité-prix (www.pierravon.com) !


un petit coin bien reposant

Le sommet encore bien enneigé

C'est également l'occasion de prendre les derniers conseils et recommandations des locaux sur les nombreux pierriers, les différentes "combes", la neige, le vent....; de partager  avec d'autres trailers nos ressentis et autres préoccupations.

Samedi 15 mars.
Grand beau temps, ciel bleu et soleil! Nous en profitons pour découvrir un peu la région, plutôt en voiture qu'à pied, pas la peine de rajouter de la fatigue. Les gorges de la Nesque et le chalet Reynard, vers le sommet du Ventoux, histoire de voir un peu ce qui nous attend et prendre un bon bol d'air pur.




Mouais....Plutôt venteux le Ventoux !! Et nettement plus frais, évidemment... Et belle épaisseur de neige... Bon, c'est pas gagné...


C'est vraiment là qu'on va passer ??
Allez, on attaque, alors :-)

suivre les piquets rouges dans la descente, qu'ils disent ....

Retour à Bédoin, retrait des dossards. Organisation simple, sans chichis. Les dernières recommandations : barrières horaires, parcours, et météo : le mistral annoncé de 80 à 100 km/h en rafales au sommet, avec température ressentie de -8 à -10°C. Rappel du matériel obligatoire, mais aucun contrôle des sacs...







En gros, départ à 280 m alt., passage au sommet à 1820 m après environ 20 km, et, toujours en gros, 25 km de descente vers Bédoin. Simple, non ? Sauf que le parcours est déjà porté à 48 km (environ...).


Histoire de se distraire un peu, nous assistons au spectacle de Yohann Métay: "la tragédie du dossard 512". Un excellent moment de détente et de rire en prenant un UTMBiste en dérision. A recommander vivement (extrait) !


et puis un peu de repos bien mérité....

Dimanche 16 mars.
Le vent à beaucoup soufflé la nuit. Céline a très mal dormi. Le ciel est légèrement voilé, avec tendance au dégagement. Le vent est fort. La température est douce.
07h40, nous sommes à pied d’œuvre, fin prêts. Enfin.... relativisons.... notre seul objectif sera de rallier l'arrivée, dans les délais, histoire de découvrir le parcours en entier. Ce sera déjà bien pour cette fois...



08h00 : et voilà, il faut s'élancer. Ça part vite devant. Nous partons dans le dernier tiers, raisonnablement. Nous n'attaquons pas de suite de gros dénivelé, les premiers km (au moins 4-5...) servirons d'échauffement. De petits chemins, du sous-bois sablonneux, c'est très bien.



Puis le terrain s'incline petit à petit, jusqu'au premier bouchon. Dû au photographe qui vous prend quasi au bord du gouffre caché derrière les buissons (pas le photographe hein, le gouffre). Impressionnant (non, non, pas le photographe...ni les buissons..)!!




un joli cordon multicolore


De superbes passages, en rochers, dans un décor de rêve (enfin, pour ceux qui n'ont pas le vertige...), jusqu'au passage de crête suivant .... 2e bouchon !




Ensuite, c'est plus roulant sur des terrains plus souples en forêt, puis de plus en plus caillouteux, jusqu'au premier ravitaillement. Annoncé au 14e km, nos GPS indiquent 12. Renseignement pris, à droite c'est bien 12, mais à gauche c'est 14 :-) Ce sera donc 12, comme la majorité des GPS l'indiquent.


 Ravito bien fourni, on a l'impression de faire son petit marché.

y'en a un petit peu plus, je vous le mets quand même, madame ?

Il ne nous faudra pas bien longtemps (moins de 1 km) pour atteindre les premières traces de neige, dès 1160 m.



Un peu plus loin, nous passons à la séparation des 2 parcours. Ici, vous choisissez votre distance : à droite vous basculez sur le 26km; à gauche, vous attaquez le 46 vers le sommet. La barrière horaire est fixée à 11h pour pouvoir aller sur le grand, nous avons 25min de bon.
Pas de pointage, on ne sait pas comment les organisateurs repèrent qui va où ?? Probablement que cela se fait plus loin...
Là, cela se corse. Les cailloux sont de plus en plus nombreux, même en sous-bois, les passages délicats aussi. Mais les rochers sont bien secs et l'accroche est bonne. Les bâtons sont autorisés à partir de ce point (quoique déjà bien utilisés par certains bien avant...), mais difficile à maîtriser car ils se coincent régulièrement dans les multiples failles rocheuses.





Alt 1500 m, km 15, environ. C'est l'arrêt "chaînes". Il est temps de s'équiper et de mettre une couche supplémentaire, la neige est de plus en plus présente. Et la couche va forcément augmenter en même temps que l'altitude. Le vent souffle très fort en rafales, m'obligeant même à démâter le drapeau au risque de le voir s'envoler pour toujours !


yaka mettre les yatracks :-)


 Céline est un peu à la traîne, ne digérant pas un ingrédient pris sur le ravito. Notre progression en sera fortement ralentie, neige et vent ne facilitant pas la chose. Plus question pour nous  de courir ou trottiner jusqu'au sommet.
Pendant 2 km environ, nos chemins côtoient  les pistes de ski, entrecoupés du "tire-fesses". Attention aux croisements ! Nous devons être sur plus d'1,5, voire 1,8m de neige.


si on considère que le panneau fait 2m de haut....






Plus loin, nous apercevons la tour (observatoire de la météorologie nationale) marquant notre point culminant. Le chemin est encore relativement long, en lacets, totalement exposé au vent qui tournoie. A certains moments, il nous faut presque planter les bâtons pour ne pas se faire souffler!! Et que la vue est magnifique !!!!
Il fait nettement plus froid, mais moins que prévu, ce qui nous arrange bien :-)




1877 m, km 20,8 ; 04h25 de course. Ça souffle d'enfer. Juste le temps de faire la photo souvenir, et nous plongeons sur l'autre versant. 


Suivre toujours les piquets rouges. Nous sommes dans le dernier petit groupe de coureurs, mais Céline ne pourrait aller plus vite.


Prochaine barrière : 13h10 au km25;  soit 45' pour faire 4 km. Cela doit aller.
La descente est plus difficile que prévue dans la neige et le vent fort. Céline n'y croit plus, je la booste à fond. Il  nous faut galoper sur la fin pour passer le point d'eau avec quelques minutes d'avance sur la barrière ..... rallongée de 20 unités !! Mais le contrôle nous semble un peu aléatoire...
Nous en profitons pour déchausser les chaînes et enlever une couche. Le vent à faibli et le soleil généreux nous fait grand bien. J'ai les pieds trempés et un peu engourdis par le froid. Mais je sais qu'ils vont rapidement se réchauffer. Nous sommes redescendus à 1450 m,  nous devrions quitter la neige d'ici peu. Mais en fait, il nous faudra attendre quasi 1200 m pour en être véritablement débarrassés. Totalement différent de la montée sur l'autre versant.
Et la température monte, le soleil chauffe.

Tout en descente qu'ils disaient.... Nous n'avons guère l'impression de descendre. L'altimètre joue au yo-yo, chaque descente (jamais bien longue) étant entrecoupée par une nouvelle montée, et pas de simples petites bosses. On a des fois l'impression qu'on est reparti pour une nouvelle ascension, le MONT étant toujours droit devant nous.





Sans parler du terrain ... Plus caillouteux, ça n'existe pas ! Par endroits, on se croirait sur une autre planète. Impossible de poser le pied une seule fois à plat. Personnellement, je m'amuse - prudemment- sur ce genre de parcours, mais mon binôme n'apprécie pas vraiment, elle ! Mieux vaut jouer la prudence, ne sachant comment des secours pourraient intervenir, ni où se trouvent ces postes, et sans numéro d'appel d'urgence.
Enfin, nous attaquons de réelles descentes, bien piégeuses et raides. Les cuisses encaissent bien.

Nous abordons le dernier ravitaillement, prévu au km31 avec barrière à 14h30. Il est 14h15. Nous sommes donc bon pour terminer notre périple. Un dernier pointage devrait avoir lieu au km 37,5 à 16h00 max. Côté altitude, nous sommes encore au-dessus des 1000m, soit à peine à la moitié de la descente.



j'en profite pour prendre la pose


Nous jouons au yo-yo avec quelques concurrents depuis pas mal de temps, une fois nous devant, une fois eux, en fonction de nos arrêts aux points de contrôles.

Nous allons encore aborder quelques passages difficiles et en montée avant d'atteindre un chemin bien roulant en pente douce jusqu'au dernier point d'eau (une simple remorque avec des bouteilles d'eau surveillée par 1 militaire) au km 38,8. Il est 15h50. Mais on se demande qui aurait bien pu nous arrêter ici.

Cette fois, dernière ligne droite (façon de parler, n'est-ce-pas...). Comme souvent dans la difficulté, Céline retrouve du poil de la bête et fait un peu le forcing. Nous rattrapons et doublons plusieurs coureurs. C'est très plaisant et motivant.
L'altimètre se régale, nous passons sous les 500m quelques petits km plus loin.
Nous sommes dans un paysage étrange, mélange de sous-bois, roches caverneuses, et toujours multi-rocailleux.






 Puis les chemins s'adoucissent, deviennent plus souples.
Un petit passage souterrain nous amène vers la .... dernière bosse. Juste pour le plaisir, monter d'un côté pour redescendre pareil de l'autre, nous l'aurions volontiers évitée.





le portique final !!

La limite de temps prévue de 09h (soit arrivée à 17h), pour 46 km, est légèrement dépassée après 48km au compteur GARMIN. Le speaker semble être encore présent, le portique d'arrivée aussi. Nous sommes pointés à 09h23. Soit à quelques minutes de .... la nouvelle barrière horaire portée à 09h30!
Mais dans l'indifférence générale, sauf celle des bénévoles au ravitaillement d'arrivée. Et de certains autres belges venus nous féliciter. Ça fait quand même plaisir!

Pfffffff. OUF !! Ce ne fut pas facile à gérer !

Seuls 2 autres concurrents derrière nous termineront encore dans les temps officiels. 4 autres seront malgré tout classés pour quelques minutes supplémentaires; et quelques autres retardataires ayant craqués sur la fin ne seront pas repris dans les tablettes.



le profil GARMIN, bien plus parlant que le profil de la course,  montre bien, après coup, que la descente est entrecoupée de nombreuses "bosses"


Et bien voilà, le MONT VENTOUX, c'est fait.
Sans entraînement spécifique, dans des conditions climatiques pas faciles, mais heureux de l'avoir fait et surtout terminé !

A refaire, à conseiller, mais avec un bon bagage d'entraînement; c'est très très technique de bout en bout.



Notre petit bémol ira à l'encontre des organisateurs qui imposent un règlement sans vraiment le faire respecter : aucun contrôle des sacs et donc du matériel obligatoire , ainsi que de la tenue vestimentaire imposée dès le départ. Y aurait-il un règlement "élite" et un autre "amateur" ??? Cela nous a alors échappé....
rappel :   
ART 10 . Matériel obligatoire pour le 46 km …
Equipement obligatoire : réserve d’eau 1/2 litre minimum , couverture de survie,   réserve alimentaire, coupe vent imperméable  permettant de supporter le mauvais temps en montagne . Tenue permettant la couverture des bras et des jambes (minimum ,manchons , collants...)


AUCUN COUREUR EN SHORT et BRAS NUS NE SERA accepté sur le grand itinéraire à la séparation des parcours. 

Je vous invite à visionner les vidéos et photos de certains concurrents équipés minimalistes...
Je sais: libre à nous d'être "élite".... Mais bien des courses ne verraient pas le jour sans les "amateurs"....

Et quid de la sécurité en cas de problème sérieux ?? Aucun numéro d'appel d'urgence. Alors que nous sommes, malgré tout, bien en montagne.

Voilà, c'est dit, comme ça ..... en partant .....


Résultat : 09:23:13 - 581e et 582e/588 classés






4 commentaires:

Alain Mustin a dit…

spectaculaire pfff bravo a vous deux ! et en plus , tes commentaires , donnes une bonnes envie d'en faire autan . .................ou d'en rêver (plus facile) encore bravo!

Thierry Bonni a dit…

bravo a vous deux pour votre ténacité super récit j'avais froid pour vous

Françoise Rongvaux a dit…

J ai lu le récit comme une histoire !!! Chapeau à vous deux !.

Claire Sharp a dit…

Bravo encore a vous deux. Merci de partager cette expérience avec nous. Quel courage !