Petit rappel... Quelques semaines avant l’événement, notre ami Xavier Boulanger, traileur-organisateur (la Carolipontoise)-journaliste, acteur "Bécasine" à ses heures, nous fait part de sa démarche pour réaliser un article sur cette course pour un magazine français, Trails Endurance Mag. Petite précision, qu'il nous fournira peu de temps avant la course : "le reportage, ce sera sur vous 2" !!! "Quoi ?? Mais tu vas nous mettre la pression, là !!" "Non, non, vous ferez comme si je n'étais pas là..." "Ben voyons...!" Nous voilà donc embarqués dans une sacrée aventure... Et nous avions hâte de découvrir l'article de Xavier, à la mi-octobre : ![]()
COURIR UN ULTRA
EN COUPLE ...
et Belledonne, les 4 massifs enserrant Grenoble. Par Xavier Boulanger.
Préambule
Bernard est un sportif belge avec une histoire assez étonnante. Jusqu'à l'âge
de 42 ans, ce conducteur de train se considérait comme un antisportif par excellence. Lors d'une soirée, un ami lui lance le défi de participer à une petite course locale. Progressivement, Bernard se prend au jeu et en quelques années, 10 km, marathons puis trails sont venus remplir son CV et enrichir son blog « sportif sur le tard» dans lequel il partage sa philosophie de la course à pied. Sa compagne Céline Berkes a toujours pratiqué une activité sportive et s'est tournée vers la course à pied à 25 ans, mais sans jamais chercher à performer. En 2008, Céline cherche des conseils notamment en vue de préparer un marathon. Elle suit régulièrement le blog de Bernard. Elle décide alors de le rencontrer. C'est le point de départ de leur histoire.Une histoire d'amour avec la course à pied comme fil conducteur. S'enchaînent alors les objectifs de trails :La TDS, LA CCC, l'Echappée Belle, entre autres.
En décembre 2016, Céline apprend qu'elle est atteinte
d'un cancer. Elle terminera ses séances de chimiothérapie en
juin 2017. Pendant la
période difficile, Céline gère de la plus belle des façons cette épreuve. Elle sait qu'elle reviendra, et que son mental en sera renforcé.
«Pendant la maladie, l'oncologue
me conseillait de garder une activité sportive, mais il était loin de se douter de la réalité de ma pratique. J'ai continué à trottiner
et à marcher tous les jours. Cela m'a permis de me changer les idées. Faire du sport permet d'accélérer l'élimination des toxines engendrées par
le traitement médicamenteux. Je
pense que cela a
favorisé ma guérison. »
Pour la petite histoire,
Céline parviendra à terminer le Madtrail, 62 km, 3600m de D+, en
juillet 2017, un peu plus d'un mois après la fin de son traitement.
La course
En janvier 2018, Céline et Bernard s'inscrivent
à l'UT4M. L'UT4M, ils connaissaient en étant venus courir le 80 km Oisans
quelques années auparavant. Mais pourquoi avoir choisi l'Extrem 160 ?
« Pour parcourir plus de km qu'à laTDS ! » sourit Bernard.
Pour préparer cet objectif, les inséparables du trail vont participer à un nombre conséquent d'épreuves en Belgique, dans les Vosges, dans le Jura et les Alpes. Un mois
avant le RDV grenoblois, ils ont peaufiné leur
condition en effectuant une rando-liberté dans le Queyras pendant une
semaine en programmant un sommet à 3000m par jour.
Au départ de l'UT4M 160, les deux athlètes belges avaient pour objectif
d'aller le plus loin possible en jouant avec les barrières horaires.
« Au départ d'une course, nous nous disons à
chaque fois que celui qui se
sent bien, fait sa course sans se soucier de l'autre », C'est ce qui s'est produit au Trail des Reculées dans le Jura et à la Montaqn'hard où Céline a couru 40 km seule devant Bernard. Par contre sur un ultra, courir à 2 constitue une réelle sécurité. Lors des coups de moins bien, cela permet de relever plus facilement la tête et de retrouver de l'énergie.
J'ai eu la chance de vivre leur aventure sur cette édition de l'UT4M
160. En prenant le départ sur le premier massif du Vercors. j'ai pu apprécier
la
cornplicité de ces deux passionnés. Dès le début, le tempo a été imprimé par Céline. De son côté Bernard gérait ses efforts en laissant filer si besoin. Face à la fougue de Céline, Bernard impose sa sagesse. Son aisance à tenir compte des barrières horaires et son utilisation expérimentée de l'altimètre apportaient une dose de sérénité au duo. Après 40km assez rapides dans le Vercors, Céline a rejoint la base de vie de Vif de façon tonitruante. Bernard, marqué par ce début de course très enlevé, réclamait un temps de pause de quelques minutes. Se sachant bien placée chez les féminines, Céline n'a pas eu envie de s'éterniser, au grand dam de Monsieur. La suite de la course s'est compliquée avec une fin de nuit rendue difficile par le froid sur les sommets de l'Oisans.
A Rioupéroux, à la 2eme base
de vie, le moral est touché.
La journée et la
nuit sur Belledonne ne vont pas arranger les choses. Le passage près de la Croix de Chamrousse se transforme en calvaire. Céline a très froid. Bernard m'appelle vers 22 heures de Freydières à 15 km de la dernière base de vie. Je sens dans sa voix que le doute s'est installé. Quelques mots et je leur donne rdv à la dernière base de vie où l'on avisera. Je pars à leur rencontre. Après 5 km de marche depuis la base de vie en sens contraire du circuit, je reconnais dans la nuit deux ombres au regard hagard. Dès les premiers échanges, je sens que le duo va beaucoup mieux mentalement. L'objectif - devenir finisher - semble possible. Cette fois, ils iront au bout. Malgré la fatigue, ils ont planifié la suite. Dormir une heure à la dernière base de vie puis affronter le massif de Chartreuse pour boucler cet ultra. La fin de la deuxième nuit fut difficile dans les environs de Chamechaude. Un moment d'inattention et une racine mettront Bernard au tapis. Malgré quelques pansements sur le visage, le trailer belge n'est pas du genre à se plaindre. Chez Céline, de longues minutes de doute, de détresse surgissent après plus de 40 heures d'effort. Les larmes, les cris de ras-le-bol surviennent à la vue d'une énième montée. Mais tout aussi brusquement des sourires apparaissent lorsque certains souvenirs communs Céline et Bernard retrouvent des jambes de feu pour rallier l'arrivée dans un état de fraîcheur inespéré. La ligne franchie les émotions jaillissent de toutes part.
"Ils l'ont fait!" A cet instant, le
simple suiveur que je suis
se remémore toute l'histoire de ces deux coureurs. Je prends conscience alors du sens que peut prendre un tel exploit sportif chez de tels personnages.•
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• Découvrez les pérégrinations sportives d'un "anti-sportif" qui s'est découvert une passion sur le tard !
Bienvenue
Bienvenue sur mon blog.
Il n'est jamais trop tard pour s'y mettre ! N'ayant jamais pratiqué de sport, je suis venu à la course à pied par hasard l'année de mes 40 ans. Comment on devient sportif sur le tard ? Lire ici. Ce blog n’a pas la prétention de me mettre en valeur. Outre le côté archivages, il a pour but de donner envie à d’autres de se lancer, ou simplement de découvrir. L’idée m’en a été donnée après mon premier défi « trail », en août 2008 (98 km autour du Mont Blanc - CCC), avec une énorme envie de partager mes impressions. Et petit à petit, j’ai pris autant de plaisir à « raconter » qu’à courir … Mes 10 premières années de courses à pied : découvrez la rétrospective dans le détail ici. N'hésitez pas à me rendre visite régulièrement et me laisser vos commentaires. Merci. Bernard. (Bernard RONGVAUX, Virton, Belgique)
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samedi 17 novembre 2018
♣ Ultra Tour des 4 Massifs (UT4M), la suite.
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