+ noël

Bienvenue sur mon blog.
Il n'est jamais trop tard pour s'y mettre ! N'ayant jamais pratiqué de sport, je suis venu à la course à pied par hasard l'année de mes 40 ans. Comment on devient sportif sur le tard ? Lire ici.
Ce blog est destiné à vous faire découvrir, petit à petit, mon parcours de "sportif", depuis août 2008 et mon plus gros défi à l'époque : UTMB (CCC), 98 km autour du Mont Blanc. Ce qui m'a donné l'envie de partager mes impressions.
2010 = 10 années de courses à pied. Découvrez la rétrospective dans le détail ici.

N'hésitez pas à me rendre visite régulièrement et me laisser vos commentaires. Merci.
Bernard. (Bernard RONGVAUX, Virton, Belgique)

" Un pessimiste voit des difficultés dans chaque opportunité. Un optimiste voit des opportunités dans chaque difficulté "
"On ne s'arrête pas de courir parce qu'on vieillit, on vieillit parce qu'on arrête de courir"
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jeudi 26 mai 2011

• Grand Sud Marocain, 26 février au 06 mars



http://marchercourir.over-blog.com

26 février au 06 mars 2011
227 km

Après l’expérience de l’an passé, je décide de renouveler l’aventure avec la même organisation.
Prévue dans un premier temps en Algérie, au Tassili du Hoggard, ce trek fut annulé au vu des événements politiques et remplacé par le Maroc, plus sûr, mais dans une région différente de l’année précédente, cap au sud de Foum Zguid à Zagora soit 227 km environ.
Embarquement à Paris, où je rejoins le plus gros de l’équipe, càd pour la plupart des récidivistes de 2010, direction Marrakech pour une première nuit à l’hôtel.

Jour 1 : Foum Zguid – Madouar Sghir (13,7 km) - Première étape de 10 kms environ jusqu’à Madouar Sghir 8 à 10km dans un paysage lunaire au pied d’une montagne tabulaire, entre erg et reg.
Transfert de Marrakech vers le départ de la première étape à Foum Zguid, environ 350 km en 4X4 et minibus, 7h30 de route, pistes et montagne! 15h15, nous sommes impatients d’enfin pouvoir se défouler quelque peu sur ce sol désertique.
La première moitié du parcours se déroule sur une longue piste pas très agréable et assez monotone mais ensuite le paysage se dessine de mieux en mieux et devient plus intéressant. Les coureurs, dont je fais partie, mettront 1h30 pour boucler le tout et arriver au premier bivouac sans encombres.
Ce seront les habitudes quotidiennes...

montage de la tente...


coordonnées GPS du lendemain...


thé à la menthe...


magnifique coucher de soleil...


repas en commun dans la bonne humeur.


Jour 2 : Madouar Sghir – Lac d’Iriki (41 km)
Après une nuit douce ponctuée de quelques belles rafales de vent, le lever du jour se fait sous une température agréable. J’ai eu quelques peines à programmer mon GPS qui refusait systématiquement les coordonnées ouest. Un petit subterfuge pour contourner le problème, conseillé par notre GO Jacques, s’est avéré efficace et me dépanne. Comme ce sera l’habitude chaque jour, les marcheurs partent ½ heure avant les coureurs. Nous démarrons à 8h30 avec un vent de face assez modéré puis plus fort et le soleil qui tape déjà bien. C’est en compagnie du seul concurrent Suisse, Thierry, que j’effectuerai la plus grosse partie de cette étape. Nous prenons l’option de contourner le massif du Madouar comme indiqué sur le road book, par son côté le plus sauvage sur une plaine très caillouteuse, mais splendide ! C’est sous une température de 30° que je serai le premier à atteindre le point du repas de midi après 25 km et 3h09 de course.
La bâche au milieu des arbres, il fallait tomber pile dessus!

Les autres coureurs ayant eu quelques soucis de navigation, suite à un mauvais paramétrage de leur GPS. Alors que j’ai galéré avec le mien le premier jour, j’en suis maintenant à leur donner des explications ! A signaler également le premier perdu (et qui sera le seul, heureusement…), Arsène, qui a beaucoup inquiété les organisateurs passant leur temps de pause à le rechercher dans le désert. Mais tout est bien qui finit bien !

Arsène (à gauche) est retrouvé!

Deuxième partie d’étape simple : 14 km de ligne droite dans le lac asséché d’Iriki, que je parcourrai seul, en 2h05, en me fiant à mon GPS et en observant depuis le début le « mamelon recouvert de pierres» signalé au road book (tout petit, là-bas au fond...). C’est sur le sommet de ce mamelon, en compagnie de Pierre et Guillaume, que nous accueillerons les suivants.
Chouette, pas de vent pour le montage des tentes !! Thé à la menthe, couscous et salade de fruits, cela va de soi !

Jour 3 : Dunes de Chegaga (34 km)- Etape entre le Djebel Bani et les grandes dunes de l’erg Chegaga en traversant le grand lac séché d’Iriqui
Après une nuit fraîche et sans vent, un superbe ciel traversé pas les étoiles filantes, le réveil est accompagné d’un sublime lever de soleil. Je ne m’en lasse pas…
8h20. Nous sommes sur le point de nous élancer quand subitement le vent se lève violemment et nous gratifie d’un magnifique … brouillard de sable avec une visibilité maximale de 200m ! Nous décidons de rester groupés et vérifions bien nos appareils. Ce n’est qu’à l’approche des premières dunes, soit quelques 14 km plus loin et 3h20 de course, que le brouillard se dissipe enfin. Regroupement sous les acacias qui nous procurent un peu d’ombre pour un repas bien mérité. La seconde partie de l’étape sera constituée entièrement de belles dunes, de sable bien profond et bien fin !
13 km et 2h09, sous un soleil de plomb et quasi pas de vent, pour atteindre le sommet de la dune la plus haute qui culmine à 560m, après une ascension qui se termine à 4 pattes mais qui nous comble d’un paysage superbe : des dunes à perte de vue… Notre bivouac est juste derrière dans une grande cuvette entourée de …dunes.

Jour 4 : Erg Bougern - Oued Naam (35 km) - Traversée d’un reg fait de petites dunes. Puis un paysage de western entre oueds asséchés envahis par les tamaris aux sables multicolores jusqu’à l’erg Bougern. De nouveau dunes et tamaris ensuite jusqu’à l’oued Naam.
Après une nuit sans vent mais fraîche, nous nous mettons en route 10 min plus tôt que prévu car l’attente est longue. Une longue succession de dunes, dunettes, sable et pierres nous fait alterner course et marche avec un vent de face de plus en plus fort. Il nous faudra 3h26 pour venir à bout des 20 premiers km. Après une pause repas bien méritée, c’est uniquement en marchant que je finirai cette étape en 3h18 pour les 15 km restants. Il a fait chaud et le vent n’a pas faibli, il vaut mieux garder de l’énergie pour les jours suivants.
A l’arrivée, de succulents beignets faits sur place nous attendaient ! Et avec le chocolat offert par Pierre, ce fut un régal.

Jour 5 : Mhamid (37 km) - Petites dunes avec en point de mire les oasis de Mhamid, Oulad driss et le village de Rgabi.
La nuit fut fraîche et bien venteuse. Mais au petit matin, le vent se calme et le lever de soleil est toujours superbe. Pour changer un peu des dunes, nous traversons aujourd’hui la grande palmeraie de Mhamid. Nous alternons marche et course en fonction de la difficulté du terrain. Le soleil chauffe déjà bien. Au briefing de la veille, le guide nous avait conseillé la traversée d’un petit village dans la palmeraie histoire de découvrir la vie locale. Après 5 jours carburés à l’eau, il n’y avait pour moi aucune hésitation : qui dit village dit échoppe, qui dit échoppe dans ces contrées dit ……..Coca !! Echoppe ouverte tout spécialement à notre intention, ils ont bien senti arriver les « pigeons », et le Coca fut pris d’assaut. Un beau soulagement ! Repas sous « les » acacias, en fait un seul arbre pour nous faire de l’ombre. 4h25 pour 23km.
La deuxième demi-étape se déroule sous un soleil de plomb sans un poil de vent, un régal en ce qui me concerne.
Bon, alors, on va où?


Traversée d’un très long plateau pierreux suivi d’une barrière de dunes dont il faut viser la plus haute qui est bien difficile à repérer. La fin de parcours est très sablonneuse pour atteindre le bivouac situé sur un plateau 150m derrière les grosses dunes. 13 km en 2h30.
Un vrai bonheur de monter la tente sans vent par rapport à la galère de l’an dernier. Feu de camp avec animations berbères et repas pris dehors en grelottant ; une blague ou deux ; la verveine et hop, au lit !

Jour 6 : Tagounit (38 km) - On suit la vallée du Draa en traversant de nombreux villages aux cultures verdoyantes. Contraste saisissant après les paysages désertiques traversés les jours précédants.
Cette fois la nuit fut carrément froide, pour moi en tout cas, même si certains persistent à dormir à la belle étoile. Aujourd’hui pas un poil de vent et encore des dunes, pour changer. Traversée d’une belle palmeraie en zigzagant entre les cultures dont il faut respecter le travail des autochtones. La pause repas est prise dans la deuxième partie de la palmeraie qu’il nous faut atteindre en longeant le Draa. C’est sur une de ces pistes qu’un routier local mécontent fonce droit sur moi alors que je tente de le photographier. Heureusement la vétusté de son véhicule et le manque de puissance de son moteur m’ont largement permit le temps de m’écarter. En suivant scrupuleusement les indications de nos GPS nous sommes amenés à traverser un bras du Draa et nous mouiller un peu les pieds. Plus loin, ce fut le petit délire de François qui nous menait à la baguette et à la bouteille-carotte, juste après le palmier-six-troncs! 3h25 pour 19 km. L’après-midi, Denise nous fait une grosse frayeur en chutant lourdement sur son bras. Plus de peur que de mal finalement. Elle finira même l’étape en courant et en nous dépassant ! Nous empruntons une piste parallèle à la route, dans un paysage plus vallonné. J’effectue la plupart de ce parcours en marchant et en me défoulant sur les derniers km, la marche c’est bien, mais ça va bien un moment …A nouveau 19 km en 3h17. Notre bivouac est situé le long du Draa, sur un petit plateau venteux.
Je constate une fuite à ma poche à eau, une petite pliure fissurée de chaque côté. Je la répare avec des…Compeed ! Très efficace !

Jour 7 : finale vers Zagora (29 km) - Dernière étape à travers un paysage lunaire de pierre et de sables pour rejoindre Zagora, capitale du « Grand Sud » et dernière ville avant le Désert.
Quelques belles rafales de vent encore cette nuit. Le groupe des coureurs s’est sensiblement réduit (une dizaine). Nous décidons de partir un quart d’heure plus tôt, à quoi sert d’attendre ?... La météo est bonne et un vent léger nous pousse. Retour à la civilisation, nous empruntons une belle route goudronnée (bien meilleure que certaines routes belges…) jusqu’au ravitaillement en eau (bienvenu) posté au 10e km. Ensuite, on tire droit à travers le plateau rocailleux jusqu’à l’acacia pour la pause repas. Bizarrement, le GPS nous fera tourner en rond pour nous amener au point. 18km en 2h30. Avant de partir pour la «dernière ligne droite», nous faisons la photo souvenir du groupe, avec guides, chauffeurs et cuisiniers. 10 km à boucler. Cette fois, je donne le ton, je m’étais réservé pour : allure course, en tête, 11 km/h les pieds dans la rocaille, faut pas louper son coup, en compagnie de Guillaume et Pierre. Je ne lèverai le pied qu’après 7 km, pour une pause « WC » forcée.
C'est simple, droit devant, viser la passe plus claire...

Sportivement, mes 2 compères m’attendent et décidons de laisser revenir nos poursuivants afin de terminer groupés. Sur le dernier «sommet», nous réalisons la photo «internationale» : Belgique, Suisse, France. Il ne nous reste alors plus que la dernière descente vers le bivouac et la recherche de la bière salvatrice. C’est un des chauffeurs, volontairement désigné, qui ira s’en procurer à Zagora.
Jacques, notre chef-GO, remercie en notre nom toute l’équipe qui nous a efficacement guidée, sécurisée et alimentée. Un contact téléphonique est établi avec Jean-Pol, maître des opérations et souffrant, n’ayant pu se joindre à nous. Un bon petit moment d’émotion.

Nous aurons donc parcouru au total 256 km sur les 7 jours de notre périple.

Jour 8 : retour par les mêmes moyens qu’à l’aller vers Marrakech que nous n’atteindrons qu’en fin de journée, ne nous laissant que peu de temps pour la chasse à quelques petits souvenirs.
Le lendemain, retour sur Paris et ma chère patrie (et pas qu’elle …) qui m’attend impatiemment.

Pour l’anecdote, il faut savoir que même loin de tout, on n’en perd pas pour autant les petits plaisirs de la vie : dimanche soir c’était le petit porto offert par Jacques devenu papy, accompagné par les cuberdons que j’avais spécialement amenés de Belgique (le cuberdon est une friandise en forme de cône, faite de sucre et farcie de sirop à la framboise). Lundi c’est Guillaume, le parrain, qui mettait le cubi en perse ; mardi c’est Lénaïg qui proposait la bière bretonne (Britt) ; les deux soirs suivants Yves nous proposait son Grand Marnier. Deux, voire trois jours de suite, nous avons fêté l'anniversaire d'Eric. Après l’arrivée de la dernière étape, ce fut un des chauffeurs qui fut chargé de nous trouver une bière bien fraîche ! Faut pas se laisser abattre !!

Quelques clichés insolites...







                                                                     Album photo complet ici

2 commentaires:

Andy a dit…

Comme a chaque fois, la narration terminée, je me retrouve à avoir un vague à l'âme en me disant que c'est déjà fini. Alors je n'ose même pas imaginer ce que tu peux ressentir.
Petite note de jaloux: en tant que photographe, je bave devant ce que tu nous montre...Je fais passer le lien...

jacques a dit…

Merci Bernard pour ce rappel des bons moments de plus ou moins galère pour certains, le désert n'est jamais facile surtout si le vent et le sable sont de la partie pour contrarier la progression!
L'année 2011 n'est pas terminée, je pars demain faire la reco en Turquie (Cappadoce et mts Taurus) du raid qui aura lieu fin août. Là aussi du soleil à attendre.
Et puis 2012 est déjà bien avancé, Maroc en février, Cap Vert (un raid costaud hyper dénivelé + et -) à Paques et pour finir l'année trekking au Népal en octobre/novembre.
à bientôt, Bernard la prochgaine fois viens donc avec tes copains-copines de la Provence Belge.