53 km - 3250 mD+
Valloire (alt 1420m) est situĂ©e dans une vallĂ©e qui relie la Maurienne et le DauphinĂ©. Elle est une des toutes premiĂšres station de ski : dans les annĂ©es 1920 de jeunes valloirins s’initient avec les militaires
Ă la pratique d’un sport encore inconnu Ă l’Ă©poque en France : le ski.
Bien connue également par le passage du Tour de France au Col du Galibier.
CÎté sport....
TrÚs envie de découvrir ce cÎté des Alpes encore inconnu pour moi.
C'en sera un objectif de l'année.
Pourtant je ne mets pas toutes les cartes de mon cÎté, en enchaßnant sur 1 mois de temps le Challenge 80 km sur 4 jours à Grenoble, suivi du KV et 21 km à Malonno , pour finir avec ce 53 km du Galibier. On pense que "ça va le faire", mais les années passent et cela devient de plus en plus dur.
"Bon, je tente encore celui-lĂ , puis j'aviserai", me rassurai-je..đ
En dĂ©cortiquant le parcours, je me rends compte que les barriĂšres horaires sont un peu serrĂ©es. Mes 4km/h de moyenne en montagne, qui me permettent en gĂ©nĂ©ral de passer les barriĂšres, ne seront pas suffisant cette fois... AĂŻe.. đ Va falloir s'accrocher, et au moindre problĂšme, ça va coincer..
Céline et Bertrand sont aussi de la partie. Mais on pense sincÚrement que chacun va faire sa course, en fonction de son niveau.
Vendredi 15. La météo est trÚs bonne. On effectue une petite rando d'acclimatation et de découverte, 9km pour 900 m de D+.
Samedi 16. On fait plus calme, avec une belle montée en ..télécabine et télésiÚge jusqu'au lac de la Vieille (2300m). Cool... Puis, repos..
En fin de journée, retrait des dossards et t-shirt souvenir.
Dimanche 17
C'est le grand jour. Départ à 05h30. La météo s'annonce trÚs bonne, pas trop chaude. Un peu frais le matin...
320 coureurs sur la ligne, Ă la frontale.
1,5km en ville, en légÚre montée, avant d'attaquer la premiÚre difficulté, histoire de bien se mettre dans le coup : 200m de dénivelé sur 1km, jusqu'à la chapelle Ste Madeleine, avec des pentes entre 13 et 23%. Il fait vite chaud...
On enchaßne sur 1km sur sentier en balcon, agréable. Belle relance. Puis nouvelle montée en sous-bois, à nouveau 200m sur 1km en lacets, ça se monte bien, mais pas (assez) vite.
AprĂšs un passage "roulant" en balcon, on plonge dans une belle descente pas trop technique, jusqu'au premier ravitaillement , km 7,5, Les Arolles.
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Ah, cool, belle descente, je le sens bien... |
Jusque là , ça se passe bien, mais pas spécialement vite. Bertrand (le plus costaud de nous trois) a pris les devants, Céline, plus prudente, reste avec moi. Mais je lui recommande de faire sa course, car je n'irai guÚre plus vite, et ça risque de "coincer" un moment donné...
De là , grosse montée, 600 D+ sur 3km. Alternance de piste en herbe et de sentiers, la pente est variable et longue, et s'accentue sur la fin. De superbes paysages, trÚs ouverts, s'offrent à nous, tout autour !!
2 km en crĂȘte, puis longue descente et petite bosse pour arriver au 2e ravitaillement, km 16, hameau Bonnenuit. BarriĂšre horaire Ă 9h, il est 08h40. Pas beaucoup d'avance...
On repart assez vite. Nous attend la plus longue montée : 900D+ sur 5km. Avec des pentes qui oscillent entre 13 et 28%, et une pointe à 33% ! C'est raide ! J'ai un peu plus de 2h pour faire les 6 prochains kms. Ce n'est pas gagné...
Depuis les premiers kms, je traĂźne de petites crampes au ventre qui me perturbent. C'est la premiĂšre fois que cela m'arrive....
J'attaque cette difficulté, mais rapidement, je sens que mes forces ne me suivent pas, je suis lent et sans énergie. Céline s'éloigne petit à petit, elle est partie pour sa course...
Rien à faire, aprÚs quelques encùblures, je dois faire une pause "technique" afin de me soulager de ces crampes. Encore quelques précieuses minutes de perdues, et je me retrouve dans les derniers...
Cela finira par passer, mais l'énergie ne reviendra pas. Je monte bien trop lentement..
Pas le choix, un pied aprĂšs l'autre...tout en profitant des somptueux sommets qui m'entourent...Magnifiques !
J'atteins le col "Plan d'Orient" (alt 2604m) aprĂšs 1h50' d'ascension.
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Euhhh...oui, c'est par lĂ .... |
La suite est toute en descente, heureusement pas trop technique, je mettrai encore 17' pour arriver Ă ce 3e ravitaillement, camp militaire des «Rochilles».
BarriĂšre Ă 11h00, il est 10h53 ! Se ravitailler vite, vite, et repartir....
Les 7 kms suivants sont plus roulants, entrecoupés de l'une ou l'autre bosse et pierrier. Avec de magnifiques passages aux Lac du Grand Ban et Lac Rond.
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Une ancienne chaussée romaine ?? Pas facile à courir.... |
On contourne ce dernier, sur une piste en pierre pas facile, pour monter sur l'autre versant, en direction du Col des Cerces (2574m) et le Lac des Cerces (2400m)
Wouah, on en prend plein la vue !!!
Wouah, on en prend plein la vue !!!
Mais ce n'est pas fini, pas le temps de faire une pause (comme certains randonneurs...), il faut encore remonter jusqu'Ă 2600m et passer le Col de la PonsonniĂšre. Cette montĂ©e me semblera interminable, alors qu'elle n'est pas trĂšs technique. C'est dĂ» Ă mon Ă©tat de fatigue insurmontable... Pffffff. Je peste sur moi-mĂȘme, d'en avoir fait de trop sur le dernier mois....
Et lĂ , dĂ©jĂ , j'ai compris que ça ne passera pas Ă la prochaine limite horaire..đ
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Il faut aller jusque lĂ -bas.... |
J'atteins le col Ă 12h35. Me pose quelques minutes.
Un responsable de la course me montre le prochain point de contrĂŽle que l'on voit au loin....mais loin.. !
"Compte quasi 1h pour y arriver, c'est un peu technique".
"Bon, c'est cuit alors, la limite est Ă 13h".
"Ben oui, désolé...fais-toi plaisir".
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C'est lĂ -bas... "Mais... c'est loin.." (tout petit point blanc) |
Alors, plutĂŽt que de prendre des risques pour rien (chute, blessure..), je descends tranquille en emmagasinant un max de paysages. Si c'est pour ĂȘtre arrĂȘtĂ© en bas, autant que ce soit pour 25' que pour 5', c'est moins frustrant..đ.
Le début de la descente est assez vertigineuse (entre - 38% et -22%) sur quasi 1km.
Puis cela s'adoucit, mais en traversĂ©e de pierriers oĂč il faut bien repĂ©rer les petits drapeaux pour savoir oĂč passer; la trace n'est quasi pas visible.
Petite bosse pour atteindre le ravitaillement (en eau seulement), oĂč se trouvent dĂ©jĂ 2 autres concurrents arrĂȘtĂ©s pour quelques minutes. Pour ma part, j'ai une bonne demi-heure de retard. STOP alors !!
Fin de l'aventure... tant pis...
"Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ," me demande un bénévole responsable des boissons.
"Une biĂšre, bien sĂ»r !!" lui dis-je đ
"Ah, désolé, on n'en n'a pas"...
"Bon, alors, je continue....."
"Ah mais non, c'est trop tard, vous ne pouvez plus"
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Comment ça, pas de biĂšre ??? đ |
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Bah, on est bien lĂ , non ? |
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Bon, le Galibier, c'est par lĂ ...... Une autre fois, peut-ĂȘtre... |
L'ambiance est trÚs détendue. On attendra encore plus d'1h pour que les derniers coureurs, accompagnés des serre-files, nous rejoignent.
Retour Ă Valloire en mini-bus ...
J'aurai largement le temps d'attendre l'arrivĂ©e de Bertrand, puis de CĂ©line encore bien plus tard. En sirotant... une bonne biĂšre bien fraĂźche ! Y a pas de raison de dĂ©moraliser đ
D'aprĂšs les retours de Bertrand et CĂ©line, la montĂ©e au Galibier, ainsi que la longue descente suivante Ă©taient costaud et techniques... Ce n'est pas lĂ que j'aurais regagnĂ© du temps..đ
RĂ©sultat : arrĂȘtĂ© au km 33, hors dĂ©lai - 08h15
Bertrand : 09:38:16 - 112e/277
Céline : 10:44:10 - 174e
CÎté folklore .....
Pour cette fois, nous décidons de camper, à Valloire.

Inauguration de l'emplacement... Santé !

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