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UT4M 2019
Bienvenue sur mon blog.
Il n'est jamais trop tard pour s'y mettre ! N'ayant jamais pratiqué de sport, je suis venu à la course à pied par hasard l'année de mes 40 ans.
Comment on devient sportif sur le tard ?
Lire ici.
Ce blog n’a pas la prétention de me mettre en valeur.
Outre le côté archivages, il a pour but de donner envie à d’autres de se lancer, ou simplement de découvrir.
L’idée m’en a été donnée après mon premier défi « trail », en août 2008 (98 km autour du Mont Blanc - CCC), avec une énorme envie de partager mes impressions. Et petit à petit, j’ai pris autant de plaisir à « raconter » qu’à courir …
Mes 10 premières années de courses à pied : découvrez la rétrospective dans le détail ici.
N'hésitez pas à me rendre visite régulièrement et me laisser vos commentaires. Merci.
Bernard. (Bernard RONGVAUX, Virton, Belgique)

"On ne s'arrête pas de courir parce qu'on vieillit, on vieillit parce qu'on arrête de courir"

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vendredi 12 août 2011

• Ultra Trail du Mont Blanc


http://www.ultratrailmb.com
26, 27 et 28 août
166 km - 9500 m D+, temps max 46:00h non-stop


Après ma "mise à l'écart" lors du tirage au sort de 2010, je conservais la priorité d'inscription pour cette année. Je ne vais pas louper cette occasion! Cette fois, j'espère que ce sera la bonne. Je serai enfin au départ de cette course mythique. L'épreuve phare de cette saison. En espérant que la météo sera plus clémente qu'en 2010...!
Départ de la course vendredi 26 août à 18h30

Un profil impressionnant !

Le parcours: de Chamonix à Chamonix, via la Suisse et l'Italie.




Il était incontournable que, pour moi, la météo serait déterminante. Après 2 CCC et 4 reconnaissances toujours effectuées sous le soleil, je n'ai aucune connaissance de la montagne sous de mauvaises conditions météo. Le déluge de l'an dernier n'aura pas servi de leçon, puisque le départ de la TDS n'a pas eu lieu !

Arrivé jeudi soir, sous un soleil de plomb (30°C encore à 17h), j'apprends que la TDS a déjà fait pas mal de dégâts, et dans le rang de nos représentants, c'est un peu l'hécatombe.
Retrait des dossards, petite restauration-maison sympa au camping, et nuit réparatrice du voyage.
Vendredi 26 août, c'est le grand jour, le départ a lieu ce soir. Pas de stress, le matériel est prêt, le mental aussi, tout roule, il fait grand beau temps. En matinée, une rumeur circule: de violents orages nous viennent des Pyrénnées et notre départ serait reporté de 5h !! Ca commence bien...Déjà, la veille, la TDS a subi une modification de parcours pour éviter un passage difficile qui aurait pu se faire sous les orages...Mais le temps est resté sec. En compagnie de Fred, j'accueille les rescapés de la TDS, c'est-à-dire Laure, seule, puisque nos 3 gaumais ont abandonnés...
La confirmation officielle ne viendra qu'à...17h, par SMS !! "Départ retardé à 23h30, parcours inchangé, sauf Vallorcine-Chamonix par le fond de vallée", précédé (..!) d'une heure par les nouvelles barrières horaires. Et zou, du coup mon superbe profil plastifié tombe...à l'eau!! La CCC, partie ce matin de Courmayeur, a déjà subi un raccourcissement de parcours de 3h dès le début, pour passer les cols avant les orages; ainsi qu'un parcours tronqué sur la fin, évitant 3 cols, avec une descente vers Martigny et un retour également par le fond de vallée. C'est pour dire...
Bon, le moral en prend déjà un petit coup...Je modifie mon équipement pour le départ en conséquence.
Ce n'est qu'en début de soirée que le ciel s'obscurcit rapidement et que les averses se mettent à tomber. D'abord normales, puis plus conséquentes. Je reste cantonné dans ma voiture à attendre patiemment que les heures tournent...

20h30. Il est temps de s'équiper et se rendre sur la place de l'église, lieu de notre départ, mythique. Il pleut toujours, mais moins violemment qu'annoncé. La température est relativement douce. 23h30 pile : à Dieu va, c'est parti !! ...sous la pluie et un ballet de multiples frontales. Les premiers km se déroulent bien, jusqu'aux Houches, que nous atteignons rapidement. J'ai pris un départ prudent, comme prévu. Première montée vers Le Délevret, ça patine pas mal...Plus loin, je prends plaisir à doubler, sur un terrain détrempé. J'aborde alors la longue descente vers St-Gervais, la piste de ski, sur laquelle il ne nous manque vraiment que ...les skis, tellement c'est glissant sur l'herbe boueuse! N'empêche, c'est sur ce genre de portion que j'avais programmé de gagner du temps et me régaler. Ce que je réalise sur les premières centaines de mètres ...avant de me retrouver par terre en glissade sur le dos. Patatras, le sac en prend un coup, une couture de la ceinture ventrale n'a pas résisté. Je bidouille rapidement une réparation de fortune. La suite de la longue descente se fera sur la réserve, j'ai perdu de mon assurance. Zut et re-zut !! Ce n'est qu'à l'entrée de St-Gervais sur terrain dur que je pourrai à nouveau me défouler jusqu'au ravitaillement. Je dispose alors d'1h d'avance sur la barrière horaire; 21e km, 02h55' de course. (En fait, j'ai regagné 96 places...660e)
Je ne traîne pas et m'élance vers Les Contamines, complètement trempé. Mais au bout de quelques foulées, mes jambes sont lourdes et mes cuisses déjà bien échauffées. Cette première descente a déjà fait mal...Pas du tout comme je l'avais imaginé!! Bon, je prends mon mal en patience et me dis que le jus va revenir, mais il faut me rendre à l'évidence, je me traîne lamentablement, me forçant à avancer, par endroits, en poussant sur mes bâtons. En fait, j'avance plus avec mes bras que mes jambes...
J'ai l'impression de mettre une plombe pour réaliser ces 10km (en fait: 01h35' et 150 places de perdues ! 810e). Là, j'en profite pour bien me ravitailler, passer des vêtemnts secs et une veste plus chaude, car le temps s'est bien refroidi, ce que la direction de course conseille vivement d'ailleurs ! (En fait, 1/4 des abandons se feront déjà ici...)
Etat des lieux : la nuit s'annonce froide, je n'ai plus de jus, je n'avance pas, j'ai une douleur au bas du tibia gauche....Cela va être difficile de boucler dans ces conditions...Le moral en prend de nouveau un coup. J'espère arriver au moins à Courmayeur (78e km et le sac d'appoint).
Je pars donc à l'assault de la première grosse difficulté : le col du Bonhomme (alt 2330m). La montée vers La Balme est lente, je ne cours plus du tout...comme la plupart des nombreux concurrents derrière moi, au vu de l'interminable serpent lumineux qui me poursuit. Certains font même demi-tour pour rejoindre ND de la Gorge et abandonner. J'arrive à La Balme à 06h37 du matin en 1492e position. Pas brillant...Un grand feu de bois permet de se réchauffer quelque peu; le jour se lève. Je scrute le ciel qui est relativement dégagé et pas de gros nuages à l'horizon. La pluie a cessé depuis Les Contamines. A l'attaque du col, les bénévoles préviennent que la neige est annoncée au sommet. Cela me semble un peu fort, car un léger rayon de soleil apparaît...Mais plus on monte, plus le ciel se voile à nouveau et dès 2140m à mon altimètre, les premières traces de neige apparaissent. La température a nettement chuté et j'ai les doigts gelés, malgré mes gants d'hiver (bon, il faut dire aussi que je suis particulièrement frileux et très sensibles des mains...pas facile !!). Le passage au sommet se fait dans un duvet de neige, qui ira en s'épaississant, vu que la situation ne fait qu'empirer. J'avance vraiment au ralenti, tentant par tous les moyens de me réchauffer les mains. Le parcours vers la Croix du Bonhomme (2450m) est vraiment difficile et glissant. De surcroit, concentré sur mes mains qui peuvent à peine tenir mes bâtons, j'en oublie de m'alimenter et vers 08h du matin, une grosse fringale me rappelle à l'ordre. Il me faut m'assoir et m'alimenter si je veux continuer. J'envisage alors d'arrêter au prochain ravitaillement, soit aux Chapieux (50e km...). Passé le refuge de la Croix du Bonhomme (à 08h41), la descente vers Les Chapieux, où j'espérais également me régaler, est rendue très gissante, voire dangereuse sur certaines portions avec les rochers de schiste affleurants et coupants. Pour en rajouter une couche, je fait une nouvelle chute et me froisse un muscle de l'épaule, là précisément où la sangle du sac repose, ce qui me perturbe totalement et me condamne à faire toute la descente en marchant prudemment, chaque foulée bondissante me fait ressentir une énorme gêne.
Finalement, ma décision est prise: j'arrêterai les frais là-bas, en bas. Rien ne tourne comme je l'avais imaginé, je ne tiendrai pas à ce rythme jusque Courmayeur, ce serait interminable; l'envie n'y est plus, le mental me lâche...!
Il faut savoir raison garder, quand ça ne va pas, ça ne va pas. Inutile d'insister !


Résultat : abandon au km 50, après 10h18' de course - 1899e

Info UTMB : "On dénombre plus de 50% d'abandons. On peut donc qualifier cette édition de particulièrement difficile, notamment quand on voit que près d'un quart de ces arrêts ont lieu avant les Chapieux (km 50). Courmayeur (km 77) et Champex (km 123) ont été des champs de bataille impressionnants."






En comparaison, quelques photos de notre reconnaissance fin juillet...
100 km en 3 jours :
- TRIENT –col de Catogne- VALLORCINE –Tête aux Vents– CHAMONIX
- Les Houches – Délevret-Contamines-Col Bonhomme- Les Chapieux
- Les Chapieux – Col Seigne-Arête MtFavre- Courmayeur
De Trient vers Catogne

Vers Vallorcine

Col La Tête aux Vents

Col de Volza

Col du Bonhomme

Vers refuge de la Croix du Bonhomme (2500m)

vers Les Chapieux

Col de la Seigne

Lac Combal

Arête du Mont Favre

vers Col Chécrouit

mardi 12 juillet 2011

• Ardennes Méga Trail



http://www.ardennes-megatrail.com/


Samedi 2 juillet 2011
80 km - 4000m D+


Les organisateurs m'avaient un peu titillé, après mon abandon l'année dernière, via leur vidéo publicitaire.
Je me devais donc de prendre ma revanche en bouclant cette fois les 80 bornes. Promis, j'oserai aller au bout de mon effort (de cet "enfer"...) !!

Mais la partie n'est pas gagnée d'avance, au vu des nombreuses difficultés à franchir...Un profil à faire frémir, même les montagnards !


Retrait des dossards la veille, obligé, car départ à 05h du mat'. Les hautes Rivières ne sont qu'à 1h15 de chez moi, et j'ignorais totalement qu'on pouvait y trouver de tels dénivelés. Sur place je retrouve deux trailers de ma région, Fred et Ferid. Fred espère faire un bon temps (comme d'habitude...) et Ferid vient chercher 2 pts pour l'UTMB. On retrouve également notre "Kilian Jornet" belge, Wouter Hamelink, qui arrive sur son moyen de transport favori, à savoir son vélo pliable ! Toujours aussi décontracté...

La base d'accueil est, comme l'an dernier, super bien organisée. Tout y est propre et fin prêt; parking, camping, calme ....et fraîcheur. La nuit ne s'annonce pas très chaude, au bord de la Semois. Une bonne bière et hop, dans le sac!

03h15. Effectivement, il ne fait que quelques degrés, 5 ou 6 tout au plus. Vite s'équiper, ne pas prendre froid, grand frileux que je suis. Petit déjeuner à la salle, buffet campagnard gratuit :-).
04h30: mise en "grille" de départ, validation des dossards-puces, dernier briefing et recommandations. Dans le groupe, la température monte petit à petit.
Ferid à gauche et Fred à droite

05h00: cette fois, c'est parti !! La meute est lancée, 318 mordus, aux prétentions diverses, mais tous animés par le même plaisir.
A peine...300m de course et déjà la première difficulté. Un léger bouchon et une montée à la frontale, que j'aborde en marchant.
Mon objectif est clair : aller au bout, point! Quant au délai, les 19h me semblent largement plus que suffisantes pour moi, donc aucun stress de temps. J'estime, par rapport à l'an dernier, pouvoir arriver après 15h - 15h30 de course.

Première descente, le moment est important : c'est ici que j'avais compris, déjà, à l'édition précédente, que mon parcours ne serait pas simple, mes jambes ne répondaient déjà plus !! Mais cette fois, pas de soucis, les sensations sont bonnes et la descente est avalée avec facilité et plaisir. Pareil pour la montée et la descente suivante. Bon, je sens que je vais bien me régaler...
Ferid reste en ma compagnie et nous ferons le max de km ensemble. Quant à Fred, il est déjà bien devant nous...
Après le premier ravitaillement, la brume se dissipe et le soleil fait son apparition, faisant monter la température. Le temps est idéal pour courir, bien moins chaud que l'an dernier.
Les "casse-pattes" s'enchaînent, pour nous amener à un premier point de vue magnifique que nous prenons le temps d'admirer, on n'est pas à 5min tout de même...Avant de s'enfoncer dans la végétation...

09h30 environ, soit 04h30 de course, on vient de passer le 30e km. La progression est bonne, même pas fatigué :-) Le rythme est parfait, comme je me l'étais imaginé. On enchaîne sur le magnifique passage des "4 fils Aymon" et ses "quelques" marches. Un long périple tourmenté jusqu'à Monthermé et le superbe point de vue sur la vallée, passage dans un tunnel bien humide taillé dans le roc. Déjà pas mal de côtes franchies, nous approchons de LA montée infernale, juste après le 40e km, à Petite Commune.
Dans la descente qui nous emmène à ce ravitaillement, mon genou gauche me "laisse tomber", et m'oblige à descendre au ralenti, une gêne plus qu'une douleur. Pause donc au 40e km, histoire de se retaper un peu, compléter les niveaux d'eau, alimenter le carburateur et frictionner les rotules. La barrière horaire est fixée ici à 14h30, c'est largement, il doit être aux environs de 12h30.
Ferid repart en même temps, mais, si mon genou continue à faire des siennes, je lui conseille de ne plus m'attendre.
Nous attaquons un des temps forts de cette course: la côte de Madagascar, 200m de D+ sur 400m, avec quelques cordes pour s'aider. Je la monterai sagement avec 2 petites pauses. Arrivé à ce qu'on pense être le sommet, il faut encore monter, mais nettement moins fort.
De petits passages un peu plus roulants (mais qui ne durent jamais longtemps ...) nous emmènent au 50e km. 8h45 de course, contre 09h30 l'an dernier. Mon allure est plus lente, mon genou ne s'étant pas calmé. Bien en montée, moyen quand c'est roulant (càd pas souvent ...) et mal quand ça descend. Et il en sera ainsi jusqu'à l'arrivée, me pénalisant là où j'aurais aimé prendre le plus de plaisir, les descentes! J'en viens à développer une technique de course particulière, une démarche à grandes enjambées rasantes, histoire de soulager au max la rotule. Efficace, finalement; je limite les dégats.
Certains m'avaient dit qu'après le km50, c'était plus roulant...que nenni!! Il reste pas mal de difficultés. Comme le passage du Roc-la-Tour, véritable escalade avec échelle et cordes. Petit pont de bois pour aller pointer au km 62, et demi-tour pour reprendre le circuit.

Plus que 18 km ! Wouaw, cette fois, c'est bon, c'est quasi dans la poche. Mais pas question de se reposer sur ses lauriers, il reste du dénivelé à avaler. Sans faire une obsession sur l'arrivée, les km passent sans rechigner, ma "douleur" ne s'amplifie pas, c'est bon, ça tient la route!
Km 70, l'objectif est en vue...après une longue et raide montée en crête, suivie de la dernière descente...entrecoupée de 3 paliers bien techniques et...montants (pour changer :-)! Mais déjà (c'est relatif...) on entend le speaker dans la vallée et quelques applaudissements. Me voilà dans le fond de la vallée, plus que 200m et c'est la traversée de la Semois....et 500m pour toucher au but. Bingo !!! Fred et Ferid sont là pour m'accueillir, petit moment d'émotion et grande fierté : FINISHER de cet infernal AMT, ses 80 bornes en dent de scie et ses 4000m de dénivelé !!
Résultat: 14h30'26 - 146e/318 partants, 251 classés - 27/56 V2H
Fred : 10h43'19 - 8e
Ferid : 13h26'04 - 94e

Un long périple, réservé à des trailers avertis et entraînés. Mais un régal de variétés de chemins et sentiers, des côtes en veux-tu en voilà, pas beaucoup de temps pour se reprendre et des points de vue magnifiques. A recommander et à ...refaire !
Dommage qu'une petite distance n'est pas proposée ... pour les compagnes qui trouveraient ainsi le temps moins long !